Lemandatexpress – Le Fonds d’appui aux organisations de jeunesse (FAOJ) est désormais opérationnel. L’appel à projets a été officiellement lancé ce lundi 5 octobre 2026 à Abidjan, avec une enveloppe initiale de 4,3 milliards de FCFA destinée à soutenir les initiatives portées par les organisations de jeunesse à travers la Côte d’Ivoire.
C’est une nouvelle étape dans la politique du gouvernement en faveur de la jeunesse. Lancé officiellement le 12 août 2026 par la ministre d’État, ministre de la Fonction publique et de la modernisation de l’administration, Anne Désiré Ouloto, le FAOJ vise à répondre aux difficultés de financement auxquelles sont confrontées de nombreuses organisations de jeunesse dans la conduite de leurs activités. «Les organisations de jeunesse sont une école, une véritable école. On y apprend à débattre sans se déchirer, à tenir un budget, à rendre compte, à servir. Beaucoup de ceux qui exercent aujourd’hui des responsabilités dans l’administration, dans les entreprises ou dans nos communes y ont fait leurs premières armes. (…) Ce travail repose le plus souvent sur les cotisations des membres et sur beaucoup de bonne volonté. Le gouvernement connaît la valeur et il a décidé de l’accompagner. C’est tout le sens du fonds d’appui aux organisations de jeunesse.», a fait savoir la ministre d’État.

Poursuivant, la représentante du chef du gouvernement à la cérémonie, la ministre d’État, ministre de la Fonction publique et de la Modernisation de l’Administration, Anne Désirée Ouloto, a présenté le Fonds comme « un acte de confiance » envers la jeunesse ivoirienne.
« Le Gouvernement vous fait confiance. Le Président de la République vous fait confiance, et nous vous savons capables de repérer les besoins des populations, d’y apporter des réponses et de les conduire jusqu’au bout. Le Gouvernement met pour cela des ressources publiques à votre disposition », a-t-elle fait savoir. Avant d’ajouter : « Les ressources du fonds, souvenez-vous-en, sont celles de la nation. Chaque fonds reçu devra se retrouver dans une activité réalisée, visible et vérifiable. Les organisations qui tiendront leurs engagements gagneront en crédibilité et pourront aller plus loin. C’est ainsi que se construit un mouvement associatif solide, respecté des pouvoirs publics comme des partenaires techniques et financiers».
Elle a par ailleurs invité les jeunes à soumettre des projets « ambitieux, sérieux et utiles » à leurs communautés.
«Je vous invite donc, chers jeunes de Côte d’Ivoire, à présenter des projets ambitieux, sérieux et utiles à la mesure de ce que vous savez faire», a-t-elle exhorté en invitant les bénéficiaires à faire preuve de rigueur, de transparence et de responsabilité dans la gestion des financements. Pour elle, la réussite du FAOJ dépendra désormais de la capacité des organisations bénéficiaires à transformer les financements reçus en actions concrètes au profit des populations. « Une action modeste menée à son terme vaut mieux qu’une grande promesse restée sur le papier », a-t-elle insisté.

17 secteurs sélectionnés
Le FAOJ s’adresse aux associations de jeunesse, aux fédérations et organisations de jeunesse ainsi qu’aux structures d’encadrement des jeunes. Pour être éligibles, celles-ci doivent notamment justifier d’au moins deux années d’existence légale, disposer de statuts et de rapports d’activités à jour, détenir un compte bancaire au nom de l’organisation et ne faire l’objet d’aucune sanction en cours.
Ainsi, dix-sept secteurs d’intervention ont été retenus. Il s’agit des actions communautaires, du Volontariat et bénévolat, du leadership, du civisme et citoyenneté, de l’Art et culture, du sport, de la santé, de l’éducation, de la cohésion sociale et paix, de la migration irrégulière, de l’environnement, du développement local, de l’innovation sociale, de l’inclusion et genre, du renforcement des capacités, des conférences et fora et fléaux sociaux.
Pour ce qui est du volet financier, les financements sont répartis en trois catégories : de 500 000 à 3 millions de FCFA, de 3 à 15 millions de FCFA et de 15 à 50 millions de FCFA.
Le ministre de la Promotion de la Jeunesse, de l’Insertion professionnelle et du Service civique, Mamadou Touré, a expliqué dans sa présentation que ce Fonds est ancré dans le programme jeunesse du gouvernement qui a été adopté en juillet 2026 et rentre dans la vision du programme national de développement. Les ressources proviennent notamment de 5 % des taxes perçues sur les télécommunications et les jeux de hasard. Ainsi, les 4,3 milliards de FCFA correspondant aux ressources mobilisées au titre de l’année 2025 constituent ainsi la première dotation du dispositif.

« Aujourd’hui est une date historique dans la vie des associations de jeunesse dans notre pays. Cela n’a jamais existé depuis 60 ans d’existence », a-t-il déclaré Mamadou Touré, soulignant qu’un tel mécanisme n’avait jamais existé auparavant sous cette forme.
Pour le ministre, le FAOJ doit également permettre aux organisations de jeunesse de gagner en autonomie. « Vous avez aujourd’hui un fonds neutre. C’est votre fonds qui vous donne votre autonomie totale », a-t-il affirmé, insistant sur le principe de neutralité qui doit guider l’attribution des financements.
Neutralité, transparence et performance
Le fonctionnement du Fonds repose sur quatre principes : la neutralité, la transparence, la redevabilité et la performance. Plusieurs instances sont prévues pour assurer l’examen et le suivi des projets, notamment un comité national de validation, un comité de pilotage et un comité d’éthique et de conformité chargé notamment de recevoir les plaintes et recommandations.
Les projets seront évalués sur 100 points selon plusieurs critères : la pertinence du projet, son impact social et économique, son innovation et sa durabilité, sa faisabilité technique, la capacité de gestion de l’organisation ainsi que le genre et l’inclusion sociale. Une note minimale de 60 sur 100 est requise pour accéder au financement, avec des notes éliminatoires sur certains critères jugés essentiels.
Le dispositif prévoit également une forte décentralisation. Des commissions régionales de validation permettront aux organisations implantées à l’intérieur du pays de déposer leurs dossiers auprès des services déconcentrés de l’État. Une disposition destinée, selon Mamadou Touré, à garantir aux jeunes des zones rurales les mêmes possibilités d’accès au Fonds que ceux d’Abidjan.

Quatre sessions de financement sont prévues chaque année. Pour cette première édition, les organisations disposent de 30 jours pour déposer leurs dossiers. Après l’instruction, la pré-validation et la décision, la signature des conventions permettra la mise à disposition des ressources.
Le CNJCI salue une concrétisation des Consultations nationales
Président du Conseil national des jeunes de Côte d’Ivoire (CNJCI), Ibrahima Diabaté a salué la concrétisation d’une proposition formulée lors des Consultations nationales de la jeunesse de 2025.
Il a rappelé que la Côte d’Ivoire compte 6 473 organisations de jeunesse légalement constituées identifiées en 2021, porteuses de nombreuses initiatives dans les communautés.
« Lorsqu’une jeunesse responsable formule des propositions et qu’un Gouvernement est à son écoute, le dialogue produit des réponses concrètes », a-t-il déclaré, tout en exprimant sa gratitude au Président Alassane Ouattara, au Premier ministre Robert Beugré Mambé et au ministre Mamadou Touré.
Le président du CNJCI a toutefois appelé à aller plus loin. Il a invité les partenaires techniques et financiers à s’associer à l’effort de l’État afin de porter, dès l’année prochaine, la dotation du Fonds à 10 milliards de FCFA.
L’appel à projets est désormais ouvert. Les dossiers peuvent être déposés en ligne sur la plateforme dédiée au FAOJ ou auprès des services et relais territoriaux des ministères concernés.
Abran Saliho


