À la suite du dépôt de leur projet conjoint au Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité, les partis de l’opposition réunis autour du Front populaire ivoirien (FPI), du PPA-CI, de l’ADCI, de la CAP-CI et du HCE ont dévoilé les lignes de force de leur vision.
Pour ce rassemblement de formations politiques, l’objectif central reste de rompre définitivement avec les tensions électorales du passé en bâtissant un organe crédible, impartial et véritablement neutre.
S’exprimant au nom de la délégation, Pascal Affi N’guessan a souligné l’enjeu crucial de cette initiative. « C’est un acte important parce que nous savons ce qui a été à la base des conflits électoraux en Côte d’Ivoire : l’absence de confiance, l’absence de légitimité de l’organe chargé des élections. Et donc, avec la dissolution de la CEI et l’ouverture de ce processus, c’est une opportunité qui est offerte à la Côte d’Ivoire de bâtir ensemble dans la confiance un nouvel organe qui soit satisfaisant pour tous les acteurs », a-t-il martelé.
Au cœur du modèle proposé par l’opposition figure une rupture totale avec la présence des états-majors politiques au sein de la gestion directe des scrutins. Affi a esquissé la structure bicipitale de la proposition remise au gouvernement. « La première exigence, c’est que l’organe chargé des élections soit un organe véritablement indépendant, neutre et impartial. Ce qui signifie qu’il ne doit pas comprendre des représentants de partis politiques, des représentants du gouvernement, des pouvoirs publics. (…) Il faut aussi que ce soit un organe composé d’experts en matière électorale, qu’ils soient recrutés sur des bases rigoureuses, notamment par appel à candidatures, avec des contrats d’objectifs », a schématisé le président du FPI.
Cette orientation vise à garantir une neutralité absolue dans l’administration des opérations électorales, à l’abri des interférences partisanes. Pour compléter ce dispositif et assurer une transparence optimale, la proposition intègre un second volet d’encadrement. À cette structure d’experts s’ajoute « un organe d’observation ». Un second volet d’observation que le porte-parole justifie en ces termes : « La confiance n’exclut pas le contrôle. Donc un organe d’observation qui peut comprendre des représentants des parties prenantes et qui aura pour mission de surveiller le processus électoral, d’interpeller l’organe électoral en cas de nécessité ».
W. DeBongo



