Côte d’Ivoire : l’opposition passe à l’offensive, le RHDP observe, le chiffre clé des crises foncières, le jackpot pour la jeunesse…

En vue de la réforme du cadre électoral, l’opposition affiche la ferme ambition d’une action coordonnée. Pendant ce temps, le RHDP est dans l’expectative. Le foncier au centre des enjeux de développement à Abidjan. Le ministre de l’Agriculture livre un chiffre clé. La jeunesse concentre également l’action gouvernementale, avec le lancement d’un fonds destiné aux groupements associatifs… (La Matinale express)

Une dynamique d’union pour un but commun. La perspective du nouvel organe électoral conduit les partis et mouvements politiques ivoiriens à parler d’« une même voix », comme l’indique Le Quotidien d’Abidjan. Lundi 5 octobre, le PPA-CI, le FPI, le COJEP, l’ADCI, entre autres, ont introduit leur proposition commune auprès du ministère de l’Intérieur et de la Sécurité. Une offensive concertée pour tenter d’infléchir le processus de réforme du système électoral.

L’objectif de ces partis est, selon Affi N’Guessan, d’obtenir « un organe indépendant, neutre et impartial ». Dans cette optique, ces partis et groupements « demandent l’ouverture d’un dialogue national », écrit L’Inter.

« Discrédit sur le nouvel organe »

Face à cette importante activité de l’opposition, L’Intelligent d’Abidjan relève le silence du parti au pouvoir. « Nouvel organe électoral. Le RHDP observe, l’opposition profite », constate le journal. Quant à L’Expression, il y voit une manœuvre suspecte de l’opposition qui « veut jeter le discrédit sur le nouvel organe ». Générations nouvelles, de son côté, met en perspective la mission de l’émissaire de l’ONU en Côte d’Ivoire, se demandant si elle peut « faire plier Alassane Ouattara ».

Outre la réforme électorale, la scène politique est également dominée par le Pacte social du PPA-CI. Évoquant le lancement de cet instrument, dans La Voie Originale, Gervais Tchéidé estime que l’enjeu réside dans la capacité du parti à « réussir le premier grand rassemblement après 2025 ». La mobilisation bat d’ailleurs son plein sur le terrain, avec Patrice Kouté à Mbatto-Bouaké et Hubert Oulaye à Port-Bouët. En gros, « Abidjan en ordre de bataille » pour le rendez-vous du 8 octobre à Port-Gonzague Terre Rouge.

Parallèlement, le PDCI, avec Calice Yapo, met les bastions des Lacs au centre de ses priorités pour les prochaines échéances électorales. Selon Dernière Heure Monde, le secrétaire exécutif Calice Yapo a exhorté les militants à « reconquérir la mairie à Didievi ». À Tiébissou, il s’agit de conserver les acquis et d’éviter les divisions.

Le parti présidentiel n’est pas en reste sur le plan du maillage territorial, dans la perspective des élections de 2028. « Les femmes ne veulent rien lâcher », nous apprend Le Patriote, précisant qu’une grande tournée est annoncée dans le Sud-Comoé.

À noter, par ailleurs, la prise de fonction officielle de Kadjo Kouamé, nouveau président du Conseil supérieur de la magistrature. Une mission de la plus haute importance débute pour le successeur de Mamadou Koné. « Vous avez la responsabilité de consolider les acquis, de poursuivre les chantiers engagés », l’a exhorté le Haut Représentant du président de la République, le ministre Gilbert Kafana Koné.

Un recul de 30 %

Sur le front économique, les Journées foncières d’Abidjan tiennent le haut de l’affiche. Pendant trois jours, le foncier est au cœur des enjeux de développement. À l’ouverture de cette plateforme, le vice-Premier ministre Téné Birahima Ouattara a présenté « ses plans pour régler les conflits », nous apprend Le Rassemblement. Pour l’homme d’État, cité par Liberté, « la sécurisation de la terre doit profiter aux communautés ». Il s’agit, en clair, de renforcer le cadre juridique sur la question foncière.

Au cours de ce sommet, qui réunit quatre pays africains, le ministre de l’Agriculture, Bruno Koné, a fait savoir, selon Le Rassemblement, qu’en Côte d’Ivoire, « les crises foncières ont reculé de 30 % ».

Dans ce contexte, Le Nouveau Réveil soulève la question de « l’affaire Koumassi Campement », indiquant que l’immunité du député de Gouméré-Tabagne, Diabagaté Moussa, a été levée. Sous-entendu : il pourrait être mis à la disposition des juridictions compétentes dans le cadre de l’instruction de ce drame social.

Touré Mamadou voit grand

En attendant, le gouvernement lance le Protocole d’appui aux organisations de jeunesse. Relativement au fonds de 4,3 milliards de FCFA débloqués hier, Le Mandat énonce « les conditions pour en bénéficier ». Le journal cite le ministre Mamadou Touré, qui soutient que « cela n’a jamais existé ». Pour Le Sursaut, le ministre « rêve grand pour les jeunes », tandis qu’Anne Désirée Ouloto salue « un acte de confiance ». En plus de cet appui financier, le gouvernement met à la disposition de la jeunesse 1 350 places dans les centres de service civique.

Enfin, un mot de culture avec les confidences de deux notables d’Abidjan-Adjamé sur le Djidji Ayokwé, le masque ébrié rapatrié de France en mars 2026. « Son avenir dépend désormais de l’État », ont confié à L’Inter les deux autorités coutumières. Il est évident que le débat sur les enjeux liés à ce patrimoine culturel est loin d’être clos.

Martial Galé

Lemandatexpress.net

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