Lemandatexpress-Les propositions du Parti démocratique de Côte d’Ivoire-Rassemblement des Africains (PDCI-RDA) et celles des groupements de l’opposition présentent de nombreuses convergences sur la refonte de la gouvernance électorale en Côte d’Ivoire.
Une séance de travail tenue le vendredi 9 octobre 2026 au siège du PDCI-RDA vise à harmoniser ces positions en faveur d’un système électoral fondé sur l’indépendance, la transparence et la prévention des crises.
Une volonté commune de refondre la gouvernance électorale
Les propositions du PDCI-RDA et du Front commun, constitué notamment du HCE, de la CAP-CI, de l’ADCI et du PPA-CI, convergent sur la nécessité de revoir en profondeur l’organisation des élections en Côte d’Ivoire. Les deux approches remettent en question le modèle de l’ancienne Commission électorale indépendante (CEI), dont les différentes missions devraient, selon elles, être réparties entre plusieurs structures distinctes.
Au cœur de cette vision figure la séparation entre l’organisation matérielle des scrutins, le contrôle des opérations, la prévention des différends et le règlement du contentieux électoral. Cette réorganisation vise à éviter la concentration des pouvoirs au sein d’un même organe et à renforcer les garanties d’impartialité dans la conduite du processus électoral.
Une autre convergence concerne la dépolitisation des structures chargées de l’organisation du vote. Le PDCI-RDA et les groupements de l’opposition préconisent d’écarter les représentants des partis politiques et du gouvernement des organes de décision administrative. Ils privilégient le recours à des professionnels indépendants, notamment des magistrats, des avocats, des universitaires, des statisticiens, des experts électoraux ainsi que des personnalités de la société civile et de la chefferie traditionnelle, sélectionnés pour leur compétence, leur probité et leur neutralité.
Transparence du recrutement et fiabilité du scrutin
La désignation des responsables des structures électorales constitue également un point de convergence entre les deux propositions. Les deux parties défendent un processus transparent, ouvert et consensuel, afin de prévenir les nominations unilatérales et de renforcer la confiance dans les institutions chargées des élections.
Le projet du Front commun prévoit notamment la création d’un Comité national de sélection indépendant, assisté d’un jury composé de juristes et de religieux. Cette instance serait chargée d’organiser des appels publics à candidatures, des auditions et des tirages au sort. Cette démarche rejoint les garanties institutionnelles défendues par le PDCI-RDA, qui entend promouvoir des mécanismes de désignation fondés sur l’indépendance et le consensus.
La fiabilité du fichier électoral et la transparence des opérations de vote figurent également parmi les priorités partagées. Les deux propositions préconisent un recensement permanent des électeurs, indépendant des urgences du calendrier politique, ainsi qu’un audit indépendant de la liste électorale. Elles envisagent aussi le recours aux structures statistiques publiques pour améliorer la qualité des données et renforcer la crédibilité du fichier.
Les deux démarches insistent, par ailleurs, sur la traçabilité des résultats, à travers la publication et la mise en ligne des procès-verbaux de chaque bureau de vote. Elles accordent également une place importante à la prévention des crises électorales, avec la mise en place de mécanismes permanents de dialogue. Le PDCI-RDA propose un Conseil permanent du dialogue électoral, tandis que le Front commun préconise un Observatoire permanent des élections, afin d’anticiper les différends liés notamment au découpage électoral, au calendrier des scrutins et à la couverture médiatique.
Le dialogue politique pour harmoniser les propositions
C’est dans cette perspective de rapprochement que la haute direction du PDCI-RDA a reçu, le vendredi 9 octobre 2026, au siège du parti, à Abidjan, une délégation conjointe des groupements HCE, CAP-CI et ADCI. Cette séance de travail, organisée à 10 heures, avait pour objectif de consolider les convergences identifiées et d’examiner les possibilités d’harmonisation des propositions de réforme électorale.
La délégation de l’opposition comprenait notamment Simone Ehivet Gbagbo, Ahoua Don Mello, Ebrin Yao, Paul Hervé Agoubli, Martial Yavo et Denery Adou, ainsi que le député Assalé Tiémoko, représentant l’ADCI. Cette rencontre s’inscrit dans une dynamique de concertation entre les formations politiques concernées, autour de la recherche de garanties communes pour l’organisation des futurs scrutins.
Au-delà des similitudes techniques entre les deux projets, cette démarche de rapprochement met en avant la volonté des participants d’accorder leurs positions sur les principes de gouvernance électorale. L’enjeu est de parvenir à une proposition harmonisée portant sur l’indépendance des organes, la transparence des opérations, la fiabilité du fichier électoral et la prévention des contestations, dans la perspective d’une réforme du système électoral ivoirien.
Kouassi N’Goran
source: Le contre poids


