Lemandatexpress – L’Institut national de formation des agents de santé (INFAS), avec l’appui de l’Agence française de développement (AFD), entend tirer les enseignements de la première cohorte du stage pré-emploi destiné aux diplômés d’État de la session 2024. Un atelier d’évaluation de ce dispositif s’est ouvert le lundi 12 octobre 2026 à Yamoussoukro, en vue d’améliorer les prochaines cohortes.
Prévu sur deux jours, les 12 et 13 octobre, cet atelier vise à dresser le bilan de la première phase du programme, à identifier les difficultés rencontrées et à formuler des recommandations pour renforcer son efficacité.
À l’ouverture des travaux, la directrice générale de l’INFAS, la professeure Méliane N’Dhatz-Ebagnitchié épouse Sanogo, a rappelé le rôle de ce stage dans le maintien et le renforcement des compétences professionnelles des jeunes diplômés des filières de santé, notamment en sciences infirmières et en maïeutique.
Elle a expliqué que ce dispositif répond à une difficulté liée au délai d’attente entre l’obtention du diplôme d’État et le recrutement ou l’affectation dans la fonction publique. Durant cette période, l’absence de pratique régulière peut entraîner une diminution de certaines compétences acquises au cours de la formation initiale.
« Après l’obtention du diplôme d’État, il y a un temps de latence avant que les affectations des étudiants soient effectuées. Or, l’apprentissage doit être répété, et certains étudiants risquent de perdre certaines de leurs qualifications », a-t-elle souligné.
Le stage pré-emploi offre ainsi aux bénéficiaires l’occasion d’intégrer des structures sanitaires pour mettre en pratique leurs connaissances, consolider leurs acquis et se familiariser davantage avec les réalités du terrain. Cette immersion professionnelle contribue également à mieux préparer les futurs agents de santé à exercer leurs responsabilités, notamment dans les zones confrontées à un déficit de personnel.
Près de 3 000 bénéficiaires pour la première cohorte
Présentant les premiers résultats du programme, la directrice générale de l’INFAS a indiqué qu’environ 3 000 diplômés avaient bénéficié du stage au titre de la première cohorte, sur près de 10 000 diplômés concernés.
Pour la deuxième cohorte, les effectifs devraient connaître une hausse significative, avec environ 8 000 bénéficiaires attendus sur une population estimée à 12 000 diplômés.
La professeure Méliane N’Dhatz-Ebagnitchié épouse Sanogo a, par ailleurs, précisé que la participation au dispositif ne se limitait pas aux diplômés ayant perçu une prime. Selon ses estimations, près de 82 % des étudiants concernés auraient effectué un stage, y compris ceux qui n’ont pas bénéficié de cette allocation.
Pour la responsable de l’INFAS, cette expérience constitue une étape importante dans la préparation des jeunes professionnels à leur future prise de fonction.
« Avec ce stage pré-emploi de consolidation, les étudiants consolident eux-mêmes leurs performances. Nous pensons qu’ils sont mieux aguerris pour affronter leurs pratiques professionnelles, puisqu’ils doivent maintenant être affectés définitivement », a-t-elle affirmé.
Des recommandations pour renforcer la formation pratique
Au-delà du bilan quantitatif, les travaux doivent permettre d’identifier les insuffisances constatées lors de la mise en œuvre du programme et de proposer des mesures correctives pour les prochaines cohortes.
Les observations des encadreurs et des responsables des structures sanitaires constituent, à cet égard, des éléments essentiels pour apprécier le niveau de préparation des stagiaires et repérer les compétences qui méritent d’être davantage renforcées.
Les conclusions de cet atelier devraient ainsi contribuer à améliorer l’organisation du stage pré-emploi et à adapter les méthodes d’apprentissage aux exigences du terrain. L’objectif est de permettre aux futurs agents de santé d’aborder leur entrée dans la vie professionnelle avec des compétences consolidées et une meilleure maîtrise des pratiques liées à leurs fonctions.
Abran Saliho


