Mobilité inclusive : Amadou Koné lance le ‘’Top 50 des femmes leaders’’ et scelle un pacte pour l’égalité à Dabou

lemandatexpress – L’avenir des transports en Côte d’Ivoire s’est joué, le jeudi 15 octobre 2026, au cours d’une cérémonie dans la ville de Dabou. Le complexe hôtelier Ngo Akparo a servi de cadre à l’étape inaugurale du Top 50 des femmes leaders de la mobilité, une initiative portée par le Réseau africain des Elles / Femmes en mobilité (AFEM).

Placé sous le haut patronage de Kandia Camara, présidente du Sénat, l’événement a été parrainé par le ministre des Transports et des Affaires maritimes, Amadou Koné, venu en présence de son homologue des Sports, Adjé Silas Metch, ainsi que de nombreuses autorités administratives, coutumières et religieuses. Prenant la parole devant une assemblée captive, Amadou Koné n’a pas caché son émotion face à « 50 parcours d’exception qui forcent le respect », soulignant que « chacune de vos histoires raconte le combat de milliers d’autres femmes qui se battent chaque jour pour se déplacer, pour déplacer leurs marchandises, pour faire vivre leurs familles ».

Le ministre a aussitôt dressé un constat sans détour, chiffres à l’appui, sur le décalage entre la réalité des usagères et leur représentativité dans les instances décisionnelles. Alors que les femmes représentent 52 % de la population et effectuent en moyenne 3,5 déplacements quotidiens contre 2,8 pour les hommes, elles demeurent ultra-majoritaires dans les Wôrô-wôrô, Gbakas, bus SOTRA, bateaux-bus ou pinasses. Pourtant, moins de 5 % des permis de transport en commun sont détenus par des femmes, moins de 3 % d’entre elles sont officiers de la marine marchande, et moins de 10 % des entreprises agréées du secteur sont dirigées par des femmes, sans compter l’absence totale de présidence féminine à la tête des grandes faîtières routières.

« Il y a là une incohérence profonde. Comment concevoir une mobilité sûre pour celles qui l’utilisent le plus, sans elles ? », a-t-il martelé face à ce déséquilibre. Pour étayer sa démonstration, il a évoqué les réussites internationales, citant la baisse de 30 % des accidents mortels à Kigali grâce à la féminisation des conducteurs de motos-taxis, ou le réseau nocturne sécurisé conçu par une maire à Bogota. Il a également rappelé l’alerte de la Banque mondiale, selon laquelle l’Afrique perd 12 % de croissance dans le secteur des transports en raison des inégalités de genre.

En réponse, Amadou Koné a regardé dans la direction du Plan National de Développement 2026-2030 qui, selon lui, vise à réduire de 25 % les coûts logistiques. Pour lui, cet objectif restera inatteignable sans l’intégration de 500 000 femmes dans la chaîne de valeur. Aussi, a-t-il rappelé les acquis du Fonds de développement du transport routier, grâce auquel 500 femmes chauffeurs ont été formées avec un taux d’insertion professionnelle de 87 %, ainsi que la promotion d’un quota de 30 % de femmes dans les conseils d’administration sous sa tutelle, appliquant déjà plus de 44 % de représentativité féminine dans sa propre municipalité.

Pour transformer durablement le secteur, le ministre a annoncé une série d’initiatives d’envergure. Il s’agit d’abord de la création d’un Réseau ivoirien des femmes de la mobilité, dont le Top 50 constituera le socle consulté sur les grandes réformes. En outre, toute entreprise sollicitant ou renouvelant un agrément devra obligatoirement présenter un plan genre intégrant au moins 15 % de femmes parmi les conducteurs et 30 % dans l’encadrement. Enfin, des bourses d’études seront octroyées à l’Académie régionale des sciences et techniques de la mer afin de former la future élite féminine de la marine.

La présidente du réseau AFEM et du comité d’organisation, Emylienne Djadja, a pris le relais pour rendre un hommage appuyé aux figures montantes du secteur, à l’image de la colonel-major Aya Odette Kouakou et des pionnières du transport du personnel ou de la mobilité électrique. Elle a exprimé sa gratitude au ministre Amadou Koné pour sa présence effective, elle a formulé le vœu de voir Dabou connaître une trajectoire de modernisation comparable à celle de Bouaké, dont le ministre est également le maire.

L’un des temps forts de cette matinée a été marqué par l’intégration coutumière d’Amadou Koné. Adopté par les chefs traditionnels de la région des Grands-Ponts et revêtu du pagne traditionnel, le ministre est désormais considéré comme un « fils de la région ».

W. DeBongo

lemandatexpress.net

Partager cet article

A lire aussi

Abonnez-vous à la newsletter

Abonnez-vous à notre newsletter et recevez chaque jour les actualités essentielles directement dans votre boîte mail.