Lemandatexpress- Le préfet de la région du Sud-Comoé, préfet du département d’Aboisso, Cissé Ibrahima, a appelé les élus, cadres et leaders communautaires à s’engager davantage dans la lutte contre l’orpaillage illégal.
Il a lancé cet appel lors d’une rencontre d’information et d’échanges organisée le vendredi 16 octobre 2026, à la salle des Pas perdus du Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC), autour du thème « Tous mobilisés contre l’orpaillage illégal ».
La rencontre a réuni les élus et cadres de la circonscription 180 d’Aboisso, notamment ceux des sous-préfectures d’Ayamé, de Bianouan et de Yaou. Elle s’inscrit dans la dynamique de mobilisation des acteurs locaux pour préserver l’environnement, protéger les populations et sauvegarder les ressources naturelles du Sud-Comoé.
Pour Cissé Ibrahima, l’orpaillage illégal constitue une menace qui dépasse les seules considérations économiques. Cette activité clandestine entraîne la dégradation des forêts, des terres agricoles et des cours d’eau, tout en exposant les populations à des risques sanitaires et sécuritaires. Elle fragilise également la cohésion sociale et compromet les perspectives de développement des localités concernées.
Le préfet a toutefois souligné que l’exploitation minière artisanale, lorsqu’elle est légalement encadrée, peut contribuer à l’activité économique. À l’inverse, les pratiques clandestines portent durablement atteinte aux équilibres environnementaux et aux moyens de subsistance des communautés.
Face à cette situation, il a insisté sur la nécessité d’une synergie d’actions entre les autorités administratives, les Forces de défense et de sécurité, les élus, les chefs traditionnels, les leaders communautaires, les opérateurs économiques et les populations. Selon lui, la lutte contre ce phénomène exige une implication effective de toutes les composantes de la société.
Le représentant de l’État a défini trois axes prioritaires d’intervention : la sensibilisation des populations, particulièrement des jeunes, aux conséquences de l’orpaillage illégal ; le partage d’informations fiables avec les autorités compétentes sur l’existence de sites clandestins ; et le refus de toute forme de complicité avec les exploitants illégaux.
Dans cette perspective, Cissé Ibrahima a exhorté les acteurs locaux à ne faciliter, sous aucune forme, les activités d’exploitation clandestine. Il a notamment cité la mise à disposition de terrains, l’hébergement des exploitants et la fourniture de moyens nécessaires à leurs opérations. Il a également recommandé que les signalements soient effectués par les voies appropriées, afin de préserver la sécurité des informateurs.
Le préfet a, par ailleurs, plaidé pour une vigilance collective face à d’autres phénomènes préoccupants, notamment le transvasement illicite de gaz, l’incivisme routier, la circulation des stupéfiants et les atteintes à l’environnement. Il a annoncé la mise en place d’un cadre régulier de partage d’informations entre la préfecture d’Aboisso et les forces vives de la région. « Ensemble, préservons notre environnement. Ensemble, protégeons nos populations. Ensemble, barrons la route à l’orpaillage illégal dans le Sud-Comoé », a-t-il lancé.
Au nom du président du Conseil régional du Sud-Comoé, Eugène Aka Aouélé, le quatrième vice-président, Adjé Aimé, a salué l’initiative du préfet. Il a estimé que la mobilisation de tous les acteurs était indispensable pour venir à bout de ce fléau, tout en réaffirmant la disponibilité du Conseil régional à accompagner les actions engagées.
Cette rencontre fait suite à celle du 9 octobre 2026 avec les élus et cadres de la circonscription 179 d’Aboisso, qui regroupe les sous-préfectures d’Aboisso, d’Adaou, d’Adjouan, de Maféré et de Kouakro.
À travers ces échanges successifs, les autorités administratives entendent renforcer la mobilisation territoriale contre l’orpaillage illégal dans le Sud-Comoé.
Kouassi N’Goran


