Cotonou, la capitale béninoise, accueillera les 28 et 29 octobre 2026 le troisième sommet Russie-Afrique. Selon les informations d’Africa Intelligence, dix-sept chefs d’État africains ont déjà confirmé leur présence à ce rendez-vous diplomatique aux enjeux stratégiques majeurs.
Après Sotchi, en 2019, et Saint-Pétersbourg, en 2023, le sommet Russie-Afrique se tiendra pour la première fois sur le continent africain. Le choix de Cotonou pour abriter cette troisième édition traduit la volonté de Moscou de consolider ses relations avec les pays africains, dans un contexte international marqué par de profondes recompositions géopolitiques.
La participation déjà annoncée de dix-sept chefs d’État constitue un premier indicateur de la mobilisation autour de cette rencontre. Pour le Kremlin, l’enjeu est également diplomatique. Comme le souligne Africa Intelligence, Moscou entend faire la démonstration de sa capacité à mobiliser ses partenaires africains, malgré les efforts d’isolement engagés par les pays occidentaux depuis le début de la guerre en Ukraine. La présence de nombreux dirigeants du continent permettrait ainsi à la Russie de mettre en avant le maintien de ses alliances et de ses soutiens sur la scène internationale.
Lors de la précédente édition, organisée en 2023 à Saint-Pétersbourg, 32 chefs d’État africains avaient pris part aux travaux. Parmi eux figuraient notamment Faure Gnassingbé, président du Togo, Yoweri Museveni, président de l’Ouganda, Emmerson Mnangagwa, président du Zimbabwe, Cyril Ramaphosa, président de l’Afrique du Sud, et Paul Kagame, président du Rwanda.
Au-delà de cette démonstration diplomatique, le sommet de Cotonou doit permettre de donner une nouvelle impulsion à la coopération entre la Russie et les pays africains. Les échanges devraient porter sur plusieurs secteurs prioritaires, notamment le commerce, les investissements, la sécurité, l’énergie et l’agriculture. Ils devraient également déboucher sur l’adoption d’un nouveau plan d’action destiné à encadrer les prochaines étapes de ce partenariat.
Pour les pays africains, cette rencontre représente, de son côté, une occasion de diversifier leurs alliances économiques, diplomatiques et sécuritaires. Dans un environnement international marqué par la concurrence entre grandes puissances, plusieurs États du continent cherchent à multiplier leurs partenaires et à préserver leurs marges de manœuvre.
Cette orientation traduit une volonté croissante de privilégier des partenariats fondés sur les intérêts nationaux et la diversification des coopérations. Elle témoigne aussi de l’évolution des relations internationales de l’Afrique, où les liens historiques avec les anciennes puissances coloniales ne suffisent plus à structurer, à eux seuls, les choix diplomatiques et économiques des États.
M. Galé



