lemandatexpress – Le directeur coordonnateur du Programme national de santé mentale (PNSM), le professeur Koua Asseman Médard, a révélé qu’environ trois millions de personnes en Côte d’Ivoire pourraient souffrir de troubles psychiques nécessitant des soins adaptés. Il s’exprimait, ce mardi 27 octobre 2026, à la tribune d’échanges « Tout savoir sur », autour du thème de la promotion de la santé mentale en Côte d’Ivoire.
La santé mentale constitue un enjeu majeur de santé publique en Côte d’Ivoire. Environ trois millions de personnes pourraient présenter un problème de santé mentale nécessitant une prise en charge adaptée. Pourtant, selon l’invité du jour , seulement 60 000 à 70 000 personnes sont suivies dans les structures psychiatriques conventionnelles. Un écart considérable qui interpelle sur l’accessibilité des soins.
Face à la presse, le professeur Koua Asseman Médard a également évoqué l’ampleur des troubles psychiques dans la population. Selon les enquêtes citées par le responsable du PNSM, leur prévalence atteint 25 % dans la région du Gbêkê en 2022 et 41 % dans le Grand Abidjan en 2024.
La situation des jeunes suscite une préoccupation particulière. Entre 2019 et 2022, une étude du ministère chargé de la Santé, avec l’appui de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), à en croire professeur Koua, a recensé 418 suicides et 927 tentatives de suicide. Les 10-24 ans représentent plus de 30 % des tentatives enregistrées.
Il indique cependant, que pour répondre à ces défis, le pays renforce progressivement son dispositif de prise en charge. Il compte désormais une centaine de structures spécialisées, tandis que les effectifs des professionnels spécialisés ont plus que triplé, passant d’environ 60 à plus de 200, selon les chiffres présentés.
Parmi les dispositifs mis en avant figurent la ligne verte 143, qui propose une assistance psychologique gratuite 24 heures sur 24, et la plateforme numérique Tila, destinée à faciliter l’accès aux professionnels. Plus de 3 000 personnes ont déjà bénéficié de l’assistance téléphonique, selon le directeur coordonnateur.
Le conférence ne cache pas le fait que, malgré ces avancées, l’insuffisance des ressources humaines, les inégalités d’accès aux soins et la stigmatisation demeurent des obstacles. Le professeur Koua Asseman Médard appelle ainsi à faire de la santé mentale une priorité nationale, fondée sur la prévention, la proximité des soins et le respect des droits humains.
Sidoine Koffi
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