Dette publique en Côte d’Ivoire : Kanvaly Diomandé (Président de la Cour des comptes) balaie les inquiétudes‎

lemandatexpress – En marge de la présentation des principales conclusions des travaux de contrôle du Budget de l’État et de l’audit des performances des programmes de l’année 2025, la question de l’endettement de la Côte d’Ivoire s’est invitée au cœur des échanges ce mercredi 28 octobre 2026.

‎Devant les parlementaires réunis dans le cadre d’une session de formation, Kanvaly Diomandé, président de la Cour des comptes, a tenu à dissiper les inquiétudes récurrentes entourant la trajectoire financière du pays. Pour ce faire, le magistrat financier a adopté un ton résolument optimiste, tout en rappelant les données macroéconomiques actuelles pour étayer son diagnostic. « Le niveau de dette est autour de 57 % à peu près. La norme communautaire est de 70 %. De ce point de vue, nous sommes en règle. Nous sommes dans une union, l’UEMOA. Nous sommes en contact avec les autres présidents de cour des comptes des pays de l’UEMOA.(…) Nous connaissons la situation de chaque pays. Le nôtre elle est très bien, très bien placée, il n’y a pas d’inquiétude. Il n’y a pas de problème à ce stade », a-t-il affirmé avec assurance devant l’assistance.
‎
‎En plus, Kanvaly Diomandé a insisté sur la solidité de la position ivoirienne, s’appuyant sur l’analyse comparative des états financiers des nations de la sous-région. « Les chiffres que je vois, les comptes que je vois, la comparaison que je fais aux pays de même niveau de développement que le nôtre, je n’ai pas d’inquiétude », a-t-il ajouté. Non sans faire remarquer la maîtrise des engagements du pays par rapport aux critères d’harmonisation budgétaire.
‎
‎Sans meubler la réalité des finances publiques nationales, le président de la Cour des comptes a toutefois reconnu que la Côte d’Ivoire avait traversé des zones de fortes turbulences par le passé. « La dette était devenue insoutenable à un moment donné, mais comme pour presque tous les pays africains, au Sud du Sahara, il a fallu renégocier un effacement de la dette. On a atteint le point d’achèvement de l’initiative PPTE », a-t-il rappelé pour souligner le chemin parcouru.
‎
‎Pour expliciter la méfiance de l’opinion publique et justifier la vigilance des parlementaires vis-à-vis des emprunts de l’État, Kanvaly Diomandé s’est appuyé sur une image parlante. « Je comprends que c’est le fameux proverbe : ”quand on a été mordu une fois par un serpent, même quand on voit un vers de terre, on commence à se poser des questions”. Que la population se dit, il ne faut pas qu’on retombe dans une situation où la dette n’est pas soutenable », a-t-il conclu, conciliant ainsi l’analyse technique des chiffres et la prise en compte des traumatismes économiques passés.
‎
‎Zéphirin Gohia

lemandatexpress.net

Partager cet article

A lire aussi

Abonnez-vous à la newsletter

Abonnez-vous à notre newsletter et recevez chaque jour les actualités essentielles directement dans votre boîte mail.