Urbanisation : Beugré Mambé et l’ancien maire de Bogota pensent l’Abidjan de demain


Le Premier ministre, chef du gouvernement, Robert Beugré Mambé, a reçu en audience, vendredi 30 octobre 2026, à Cocody-Abidjan, l’ancien maire de Bogota, capitale de Colombie, Enrique Peñalosa. La rencontre s’inscrit dans le cadre de la présentation du rapport de la Banque mondiale consacré à l’urbanisation en Afrique subsaharienne.

Au terme des échanges, Enrique Peñalosa a exprimé sa reconnaissance au chef du gouvernement pour son accueil, soulignant l’importance du rapport qui met en perspective les défis et les opportunités liés à l’expansion des villes africaines au cours des 25 prochaines années.

Selon Enrique Peñalosa, l’ampleur de cette croissance appelle une anticipation des besoins en infrastructures et en aménagement urbain. « En Afrique subsaharienne, il faudra bâtir chaque année l’équivalent de trois villes comme Londres », a-t-il relevé, pour illustrer l’ampleur des transformations à venir.

Abidjan, une métropole à construire

Abordant particulièrement le cas de la Côte d’Ivoire, Enrique Peñalosa a estimé qu’Abidjan connaîtra une expansion considérable, sa taille pouvant doubler, voire tripler ou quadrupler. Une évolution qui représente une occasion exceptionnelle de concevoir une métropole répondant aux meilleurs standards internationaux.

Il a aussi insisté sur l’importance d’intégrer dès maintenant les exigences de planification dans les politiques d’aménagement. La préservation des espaces destinés aux grandes voies de circulation, aux cheminements piétonniers et aux infrastructures urbaines constitue, selon lui, un impératif pour éviter les contraintes auxquelles sont aujourd’hui confrontées des métropoles comme Londres, Paris et New York.

L’ancien maire de Bogota a également encouragé les autorités ivoiriennes à accorder une place importante aux espaces verts dans le développement de la capitale économique. Il a notamment évoqué la création de grands, moyens et petits parcs, estimant qu’Abidjan dispose encore des marges nécessaires pour se doter d’un patrimoine végétal remarquable et se positionner parmi les villes les mieux aménagées au monde.

Tirer les leçons des expériences internationales

S’appuyant sur son expérience de l’urbanisation en Amérique latine, le responsable colombien a invité la Côte d’Ivoire à tirer profit des expériences internationales, notamment des erreurs commises dans d’autres régions du monde. Il a rappelé que l’Afrique subsaharienne connaît son processus d’urbanisation avec un décalage d’environ 60 à 70 ans par rapport à l’Amérique latine.

Pour M. Peñalosa, ce décalage constitue un avantage, dans la mesure où il permet aux pays africains de s’inspirer des réussites observées ailleurs tout en évitant les choix d’aménagement qui ont produit des difficultés dans certaines grandes métropoles. Il a ainsi réaffirmé que l’Afrique, et particulièrement la Côte d’Ivoire, dispose d’opportunités considérables pour bâtir des villes de meilleure qualité, à condition de faire de l’anticipation et de la planification des priorités.

Kouassi N’Goran

lemandatexpress.net

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