À Genève, le 29 octobre 2026, devant la tribune de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), Alassane Ouattara a décliné les grandes orientations de sa politique de développement. Transformation locale des matières premières, investissements privés, discipline budgétaire et insertion professionnelle des jeunes : le chef de l’État entend consolider les acquis économiques et donner un nouvel élan à la Côte d’Ivoire à travers le PND 2026-2030.
Quinze ans après son accession au pouvoir, Alassane Ouattara affiche sa volonté de poursuivre la modernisation du pays en s’attaquant à des défis structurels : réduire la dépendance aux exportations de matières premières brutes, développer le tissu industriel et offrir davantage de perspectives professionnelles à la jeunesse.
C’est le message porté par le président de la République, jeudi 29 octobre 2026, à Genève, à l’occasion de la Conférence présidentielle de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Devant les acteurs du commerce international, le chef de l’État a présenté les ambitions ivoiriennes dans un environnement mondial marqué par les tensions géopolitiques, le retour du protectionnisme et les bouleversements des chaînes d’approvisionnement.
Pour Alassane Ouattara, les économies africaines doivent désormais sortir du modèle consistant essentiellement à exporter leurs ressources naturelles sans en tirer toute la valeur ajoutée. La transformation locale apparaît ainsi comme l’un des leviers prioritaires de la nouvelle phase de développement économique.
La transformation locale au cœur des ambitions
Les performances enregistrées dans les filières agricoles illustrent cette orientation. Selon les chiffres communiqués par le président ivoirien, 41 % de la production nationale de cacao est aujourd’hui transformée localement. Dans la filière anacarde, le taux atteint 43 %, avec une ambition affichée de porter cette proportion à 80 % d’ici à 2030.
Ces objectifs traduisent une volonté de faire évoluer la structure de l’économie ivoirienne. Il ne s’agit plus seulement de produire et d’exporter, mais de développer des unités industrielles capables de transformer les ressources nationales, de créer des emplois et de renforcer la compétitivité des entreprises locales.
Cette dynamique concerne également les secteurs de l’énergie, des ressources minérales et de l’industrie, avec le développement de chaînes de valeur intégrées. Une orientation qui nécessite des investissements conséquents, des infrastructures adaptées et une implication accrue du secteur privé national et international.
C’est précisément dans cette perspective que s’inscrit le Plan national de développement (PND) 2026-2030. Ce programme constitue la feuille de route du gouvernement pour soutenir la croissance, renforcer les capacités productives et poursuivre la transformation structurelle de l’économie.
Le secteur privé et la discipline budgétaire en première ligne
Pour concrétiser ces ambitions, Alassane Ouattara mise sur une mobilisation importante des investissements privés. L’État entend créer les conditions favorables à l’engagement des entreprises, tout en préservant les équilibres économiques.
Le président de la République insiste notamment sur la stabilité du cadre macroéconomique, la maîtrise des déficits et la rigueur dans la gestion des finances publiques. Autant d’exigences qui doivent permettre de maintenir la confiance des investisseurs et de garantir la soutenabilité des programmes de développement.
La croissance économique, qui s’est établie en moyenne autour de 7 % entre 2012 et 2025, constitue, selon le chef de l’État, un acquis sur lequel le pays entend bâtir ses prochaines ambitions.
La jeunesse, autre priorité du développement
Mais la transformation économique ne saurait produire pleinement ses effets sans une meilleure intégration des jeunes dans le marché du travail. À Genève, Alassane Ouattara a également placé la question de l’insertion professionnelle au centre de son intervention.
Pour lui, la jeunesse représente une force essentielle du développement national. Encore faut-il lui offrir des perspectives concrètes, notamment à travers des emplois durables et des formations adaptées aux besoins de l’économie.
Le chef de l’État préconise ainsi une évolution du système éducatif afin de mieux préparer les nouvelles générations aux métiers de demain. Les formations techniques, technologiques et numériques devront occuper une place plus importante dans cette orientation.
L’enjeu est double : répondre aux besoins de compétences des entreprises et permettre aux jeunes de prendre une part active à la transformation productive du pays.
En évoquant également la vision de la directrice générale de l’OMC, Ngozi Okonjo-Iweala, en faveur d’une « re-globalisation » plus inclusive, Alassane Ouattara a défendu un commerce international ouvert et équitable, accordant une place plus importante aux pays en développement.
En définitive, au-delà des ambitions affichées, le PND 2026-2030 devra surtout permettre de consolider les acquis économiques et de répondre aux attentes des populations.
Martial Galé


