Finance verte : Le déblocage des fonds climatiques par l’inclusion des femmes et la mobilité électrique au centre d’un atelier à Abidjan

lemandatexpress – L’Unité de gestion du projet FEM 11042 a ouvert, ce mardi 3 novembre 2026, à Abidjan-Plateau, un atelier de deux jours consacré au montage de projets climatiques bancables et sensibles au genre. Un rendez-vous rassemble 50 acteurs clés issus des ministères, des organismes de régulation, du secteur privé, des associations féminines et des partenaires techniques.

L’objectif central réside dans la formation de cadres capables de concevoir des dossiers répondant aux exigences strictes des bailleurs internationaux, alors même que le Fonds vert pour le climat n’a encore attribué aucun financement au secteur des transports ivoiriens. Le programme mis en œuvre avec l’ONUDI s’appuie sur une enveloppe globale dépassant 2,2 millions de dollars, principalement financée par le Fonds pour l’environnement mondial et complétée par une contribution de l’État ivoirien.

Il vise le déploiement de véhicules électriques légers à deux et trois roues alimentés par des énergies renouvelables dans six zones pilotes, notamment le Grand Abidjan, Bouaké, Korhogo, Odienné, San Pedro et Yamoussoukro. Axé prioritairement sur les coopératives ainsi que sur les entrepreneurs de l’agroalimentaire et du vivrier en zones rurales et périurbaines, ce projet impose des quotas minimums de 30 % de femmes et 20 % de jeunes. Cette orientation stratégique s’appuie sur les données de la FAO démontrant que les ménages ruraux dirigés par des femmes subissent des pertes financières nettement plus lourdes lors des aléas climatiques en raison d’un accès restreint au crédit, à la terre et aux équipements.

Pour soutenir cette dynamique et s’inscrire dans l’objectif national de réduction de plus de 30 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030, le ministère des Transports a annoncé une série d’engagements majeurs. Alors que le secteur privé a déjà initié la transition avec la mise en service de plus de 1 000 véhicules électriques et l’installation d’une cinquantaine de bornes de recharge, le manque de garanties foncières freine encore l’accès des femmes aux prêts bancaires.

Face à cette contrainte, les autorités prévoient de moderniser la fiscalité en réformant un arrêté datant de 1964, d’accélérer la publication des textes réglementaires pour simplifier l’immatriculation des engins légers, et de mettre en place un fonds national de partage de risques dédié aux coopératives féminines et aux jeunes. De plus, une équipe conjointe accompagnera directement la finalisation des dossiers auprès des bailleurs, tandis que la concertation entre acteurs publics et privés s’inscrira désormais dans un rendez-vous annuel pérenne.

Du côté des bailleurs internationaux, le captage des ressources exige une rigueur méthodique, l’Afrique subsaharienne ne recevant actuellement qu’une part minime de la finance climat mondiale malgré la mobilisation globale prévue par la COP29. L’obtention de soutiens financiers auprès du Fonds vert repose sur la démonstration d’un impact environnemental et social mesurable, de la viabilité à long terme des projets, d’une réponse claire aux vulnérabilités locales et d’une appropriation politique formelle par l’État, le tout soutenu par un budget équilibré et des cofinancements solides. La prise en compte transversale du genre constitue une condition indispensable, nécessitant une évaluation spécifique et un plan d’action budgétisé.

Lors des sessions pratiques, les participants ont analysé l’aménagement d’une station de recharge solaire pour tricycles électriques près d’un marché rural afin de confronter ces exigences théoriques aux réalités du terrain. Les échanges ont révélé la nécessité d’ajuster les infrastructures au quotidien des usagères en adaptant les horaires d’ouverture au rythme des vendeuses, en renforçant la sécurité nocturne et en garantissant leur présence dans les organes de gestion ainsi que dans les formations techniques.

La deuxième journée de l’atelier permettra aux groupes de travail de rédiger des notes conceptuelles ancrées dans des territoires pilotes, marquant ainsi une étape concrète vers l’accès aux financements internationaux.

Zéphirin Gohia, avec Sercom

lemandatexpress.net

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