Assemblée nationale : le budget 2026 révisé à 17 372,68 milliards FCFA, le projet de loi de finances rectificative voté à l’unanimité

lemandatexpress – Initialement arrêté à 17 350,15 milliards FCFA, le budget de l’État connaît une hausse nette de 22,53 milliards FCFA pour faire face aux chocs économiques extérieurs.

Au cours de la même session à l’hémicycle, les membres de la Commission des affaires économiques et financières (CAEF) de l’Assemblée nationale se sont penchés sur le projet de loi de finances rectificative portant budget de l’État pour l’année 2026. À l’issue des échanges, les 41 députés présents ont approuvé à l’unanimité cette seconde disposition ajustant la trajectoire budgétaire nationale.

Présentant l’exposé des motifs au nom du gouvernement, le ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Adama Coulibaly, a souligné que cet ajustement répond aux vives tensions de la conjoncture internationale. L’intensification des crises au Moyen-Orient et les perturbations dans le détroit d’Ormuz ont entraîné une forte hausse du cours du pétrole, tandis que le marché du cacao subit un repli marqué.

Ces chocs extérieurs ont fortement entamé les prévisions de recettes fiscales et douanières, nécessitant une réallocation des ressources pour soutenir les populations tout en maintenant le déficit budgétaire à 3,8 % du PIB en 2026. Au total, le budget général enregistre une hausse nette de 22 531 790 041 FCFA, s’établissant désormais à 17 372 683 772 424 FCFA contre 17 350 151 982 383 FCFA initialement prévu.

Réagissant aux inquiétudes exprimées par l’ensemble des groupes parlementaires (PDCI-RDA, Agir, Solidarité et RHDP) sur l’inflation et la baisse des recettes, le ministre Adama Coulibaly a détaillé la stratégie de riposte de l’exécutif. Évoquant la volatilité du marché pétrolier entre le début de l’année et les pics de mars et septembre, il a rappelé qu’en période de crise, « un gouvernement responsable prend des mesures » pour amortir les chocs.

Le ministre s’est notamment attaché à expliquer la politique de subvention des carburants menée à la pompe pour éviter une spirale inflationniste dévastatrice. Il a précisé que sans cette intervention ciblée, la répercussion de la hausse du baril « aurait eu des conséquences en cascade sur tous les secteurs » d’activité.

Adama Coulibaly a ainsi justifié la création d’une réserve budgétaire exceptionnelle, expliquant que « la provision a été constituée justamente pour faire face aux conséquences sur les populations », tout en garantissant que ces montants réorientés permettront à terme de « financer des projets du PND » sans interrompre les investissements structurants du pays.

Pour expliquer la baisse des recettes fiscales et douanières, le grand argentier de l’État a pointé le ralentissement mécanique de la croissance, ajustée à 6,2 %. Soulignant que « si le niveau d’activité baisse, forcément les impôts, ça va baisser subséquemment », il a cité l’impact direct sur la TVA ainsi que le manque à gagner sur les taxes pétrolières et les droits d’enregistrement du cacao.

Élargissant le propos aux réformes structurelles, Adama Coulibaly a affirmé que l’exécutif mise sur l’industrialisation et la simplification administrative pour dynamiser les prélèvements. Il a mis en avant la modernisation des douanes et la réduction progressive des dépenses fiscales en rappelant que « le plan de rationalisation élaboré il y a quelques années a vu la quasi-totalité de ses mesures mises en œuvre ».

Enfin, il a réaffirmé le rôle stratégique du nouveau Fonds souverain ivoirien, dont les instruments financiers sont conçus « justement pour amortir les chocs » économiques futurs. Rassurés par cette argumentation détaillée et la préservation des chantiers prioritaires, les commissaires de la CAEF ont accordé leur aval unanime au rectificatif budgétaire 2026.

‎Zéphirin Gohia

lemandatexpress.net

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