lemandatexpress – La multiplication des cyberattaques place la sécurité numérique au cœur des préoccupations des entreprises et des institutions. Au premier trimestre 2025, les organisations africaines ont subi en moyenne 3 325 cyberattaques par semaine, soit 72 % de plus que la moyenne mondiale, selon les chiffres de Check Point Research.

Face à cette menace grandissante, la protection des infrastructures numériques apparaît comme un enjeu majeur. C’est dans ce contexte que s’est tenue, le jeudi 5 novembre 2026, au siège de l’opérateur sis à Cocody la première édition d’Orange Cyberconnect, une rencontre consacrée au cloud, à la cybersécurité et à la connectivité numérique. Organisée par Orange Cloud & Cyber Solutions (OCCS), une filiale spécialisée dans les services numériques, cette initiative vise à renforcer la culture de la cybersécurité et à encourager une approche collective de la protection des organisations et des infrastructures numériques.
Placée sous le thème « Penser comme un hacker à l’ère de l’intelligence artificielle (IA) , cette rencontre a permis d’aborder les nouvelles vulnérabilités liées à l’évolution des technologies. Pour Mamadou Coulibaly, président du conseil de surveillance d’OCCS, l’intelligence artificielle offre des perspectives de croissance, mais expose également les organisations à de nouveaux risques.
« Nous vivons une transformation sans précédent. L’intelligence artificielle accélère nos usages, elle ouvre de belles perspectives de croissance, mais elle apporte aussi de nouvelles vulnérabilités. Les cyberattaques sont plus sophistiquées, elles sont plus rapides et leurs conséquences sont nuisibles pour nos activités et notre image », a-t-il expliqué. Il a souligné l’importance de comprendre les méthodes des attaquants et d’identifier les failles des systèmes avant qu’elles ne soient exploitées.
Pour le général de brigade Guelpintchin Ouattara, directeur général de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) de Côte d’Ivoire, la cybersécurité constitue également un socle indispensable à la confiance dans l’environnement numérique. Selon lui, l’adoption des innovations dépend de la capacité des organisations à garantir la sécurité de leurs systèmes. Il a ainsi insisté sur la nécessité de faire vivre les référentiels de sécurité au sein des entreprises et des administrations publiques.
Les chiffres nationaux illustrent également l’ampleur du phénomène. L’ANSSI indique avoir traité 12 100 dossiers liés à la cybercriminalité en 2024, pour un préjudice estimé à 7 milliards de FCFA. Au cours de la même année, environ 30 000 personnes ont été sensibilisées aux questions de cybersécurité.
Face à ces menaces, les échanges ont notamment porté sur cinq axes : comprendre les risques liés à l’intelligence artificielle offensive, renforcer les capacités de défense grâce à l’intelligence artificielle et aux centres opérationnels de sécurité (SOC), anticiper les attaques à travers le renseignement sur les menaces, maîtriser la protection des données et la gouvernance des usages, puis évaluer le niveau de maturité des organisations en matière de cybersécurité.
Au regard de ces chiffres et des risques croissants, le renforcement des dispositifs de protection apparaît comme une nécessité pour les entreprises et les institutions ivoiriennes.
Sonia Faitai
lemandatexpress.net


