JCNCI 2026: Charles-Emmanuel Yacé (APROMAC) : « Notre production a été multipliée par 12 en 20 ans »

lemandatexpress – Dans son intervention ce vendredi 06 novembre 2026, à l’hôtel Ivoire, à l’occasion de la cérémonie d’ouverture officielle de la deuxième édition des Journées du Caoutchouc naturel de Côte d’Ivoire (JCNCI), le Président du Conseil d’administration de l’Association des Professionnels du Caoutchouc Naturel de Côte d’Ivoire (APROMAC), Charles-Emmanuel Yacé, a dressé le bilan d’un parcours exceptionnel et tracé les perspectives d’une filière résolument tournée vers la modernité et la transformation industrielle.

Revenant sur les performances remarquables du secteur, le PCA a mis en lumière la trajectoire fulgurante de la nation sur l’échiquier international. Avec une production nationale s’élevant à deux millions de tonnes par an, « notre production a été multipliée par 12 en 20 ans », a-t-il souligné. Faisant de la Côte d’Ivoire le premier producteur africain de caoutchouc naturel, il a rappelé que le pays a franchi une étape historique « en accédant au rang de deuxième producteur mondial, derrière la Thaïlande ». Derrière ces chiffres vertigineux, Charles-Emmanuel Yacé a tenu à saluer le rôle cardinal des acteurs de terrain. « Derrière cette position se trouvent 180 000 producteurs villageois et des transformateurs qui, chaque jour, contribuent à la création de richesses et au rayonnement économique de notre pays », a précisé M. Yacé.

Évoquant la genèse de cette réussite, le responsable interprofessionnel a rappelé que l’hévéaculture ivoirienne a germé dès 1953 grâce à la vision du Président Félix Houphouët-Boigny, avant d’être institutionnalisée à travers l’APROMAC créée en 1975 pour servir d’interface avec l’État. Si les intérêts entre producteurs et transformateurs peuvent parfois diverger, il a affirmé que « notre force réside dans notre capacité à dépasser nos divergences et à faire prévaloir l’intérêt supérieur de la filière par le dialogue et le consensus ». Cette solidité s’illustre concrètement par le Fonds de Développement Hévéa, grâce auquel « nous subventionnons les plants, offrons un encadrement gratuit, réfectionnons les pistes et appliquons un mécanisme de prix adossé à la bourse de Singapour ».

Pour relever les défis des cinquante prochaines années, l’organisation mise sur l’innovation et la rigueur stratégique. Sur le plan de la conformité internationale, Charles-Emmanuel Yacé a indiqué que « l’opération de géoréférencement national, démarrée en juillet 2024, nous a permis d’identifier 337 467 plantations, dont 99,14 % étaient déjà géoréférencées au 31 avril 2026 ». Dans la même dynamique, l’interprofession a finalisé l’avant-projet de norme encadrant la labellisation du caoutchouc national, dont l’objectif est « de rendre ce label pleinement opérationnel pour valoriser notre production sur la base de la qualité, de la traçabilité et de la durabilité ».

Lire aussi : Hévéaculture : Bruno Koné salue un demi-siècle de succès et fixe les nouveaux chantiers de l’APROMAC

Enfin, l’ambition de l’APROMAC s’étend résolument à la valorisation industrielle locale. Le PCA a insisté sur la nécessité d’encourager l’investissement dans la deuxième transformation pour fabriquer localement des biens finis ou semi-finis tels que des pneus, des semelles ou des pièces techniques, afin de « capter une plus grande part de la valeur ajoutée ».

Pour soutenir cette vision, le renouvellement du verger et la création prochaine « de l’Académie des Métiers de l’Hévéa » permettront de bâtir un véritable vivier de compétences, garantissant la pérennité et la prospérité de la filière hévéicole ivoirienne.

Zéphirin Gohia

lemandatexpress.net

Partager cet article

A lire aussi

Abonnez-vous à la newsletter

Abonnez-vous à notre newsletter et recevez chaque jour les actualités essentielles directement dans votre boîte mail.