
31 Mai Décisif : Simone Gbagbo et l’Opposition Ivoirienne descendent sur le terrain
La CAP-Côte d’Ivoire a de nouveau interpellé le Chef de l’État à travers un courrier, réclamant un dialogue politique inclusif pour garantir une élection présidentielle apaisée en 2025. La coalition annonce également un grand meeting, prévu pour le samedi 31 mai 2025, afin d’alerter l’opinion nationale et internationale.
Lors d’une conférence de presse tenue le lundi 5 mai à la maison du PDCI-RDA, Simone Ehivet Gbagbo, présidente du MGC et porte-parole de la CAP, a dressé un état des lieux préoccupant du climat politique en Côte d’Ivoire. « En 2025, nous ne devons pas, à nouveau, avoir des morts à l’issue des élections, on ne doit plus tuer ou se faire tuer pour son opinion, on ne doit plus brutaliser ou se faire brutaliser pour son opinion », a-t-elle déclaré.
Elle a dénoncé l’absence de volonté du gouvernement à engager un vrai dialogue, ainsi que le refus de prendre en compte les contestations autour de la Révision de la Liste Électorale (RLE) 2024 et sa reprise en 2025. La Commission Électorale Indépendante (CEI) est aussi dans le viseur de la coalition. Simone Gbagbo a pointé du doigt de graves irrégularités relevées sur la liste électorale provisoire publiée le 17 mars 2025 :
« L’analyse de la liste provisoire distribuée le 17 mars 2025 par la CEI, montre que la liste électorale a été établie de façon approximative, avec pour conséquence de nombreuses anomalies dont, entre autres des électeurs plus âgés que leurs géniteurs, des électeurs qui n’ont pas de lieu de naissance, des électeurs dont le lieu de naissance du père est inconnu, des électeurs mineurs au moment de l’enrôlement, des migrations sauvages d’électeurs d’une commune à une autre sans leur consentement, de nombreux morts figurant encore sur le fichier ».

Cette déclaration a été faite en présence d’une vingtaine de leaders politiques, parmi lesquels Affi N’Guessan (FPI), Blé Goudé (COJEP), Danièle Boni-Claverie (URD), le Pr Tiémoko Doumbia (RPP) et Philippe Ezaley (PDCI-RDA). La CAP-Côte d’Ivoire déplore la suspension des représentants du PPA-CI, du PDCI-RDA et du FPI au sein de la CEI, ce qui, selon elle, rend l’organe déséquilibré et entièrement contrôlé par le pouvoir, sans légitimité pour organiser un scrutin libre. Elle dénonce en outre l’exclusion de plusieurs figures politiques majeures : Laurent Gbagbo, Charles Blé Goudé, Guillaume Soro, ainsi que la tentative d’élimination de Tidjane Thiam du processus électoral.
Parmi ses revendications : – Une nouvelle révision de la liste électorale en 2025, conforme à la loi – La dissolution de la CEI et la mise en place d’un organe véritablement indépendant – L’audit du fichier électoral – La réintégration de Gbagbo, Soro et Blé Goudé – L’annulation de la radiation de Tidjane Thiam – L’application stricte de la Constitution interdisant une candidature d’un mandat de plus , visant explicitement le président sortant
Le meeting du 31 mai sera placé sous la coordination de Charles Blé Goudé. Interrogé sur l’état du mouvement « Trop c’est trop » initié par Laurent Gbagbo, Affi N’Guessan a répondu : « Si nous sommes ici devant vous, c’est que trop c’est trop ». Pour sa part, Philippe Ezaley a estimé qu’« il est bon de ne pas mettre tous les œufs dans le même panier ».
Face à ceux qui estiment qu’il est trop tard pour obtenir gain de cause, Simone Gbagbo a rétorqué : « Cette situation, nous l’avons posée depuis 2023. Nous avons écrit au Chef de l’État depuis 2024. L’argument du retard ne peut donc nous être opposé ».







