
Gouverner sans vision : le danger d’une politique sans idéologie en Afrique (Assi Fulgence Assi)
Dans un contexte politique africain souvent marqué par l’improvisation, l’opportunisme et le clientélisme, l’ancien Secrétaire Général de la FESCI, Assi Fulgence Assi, lance un cri d’alarme sur la nécessité pour les partis politiques de renouer avec une base idéologique claire et assumée.
Une sortie musclée, mais lucide, qui met le doigt sur l’une des failles les plus profondes de la démocratie africaine contemporaine : l’absence de boussole politique.Une critique sans détour« Comment peut-on prétendre gouverner une cité sans s’appuyer sur une pensée claire, structurée et cohérente ? », interroge Assi Fulgence Assi.
Pour lui, l’idée selon laquelle les partis politiques n’ont plus besoin de s’adosser à une idéologie n’est pas seulement une erreur : c’est une faute, un signe de paresse intellectuelle et de mépris envers le débat politique. En d’autres termes, on ne peut pas bâtir une nation sans savoir où l’on veut aller ni comment on compte y parvenir.Selon lui, rejeter les idéologies revient à diriger sans méthode, sans vision, sans responsabilité. C’est l’illustration d’un charlatanisme politique qui mène inévitablement à l’échec.
L’ancien leader estudiantin met ainsi en garde contre cette tendance grandissante à vouloir gouverner par improvisation, en se contentant de slogans et de discours creux. La critique de Fulgence Assi trouve un écho dans de nombreuses réalités nationales. Partout sur le continent, des partis se créent autour de figures charismatiques, mais sans programme structuré.
Les alliances politiques se font et se défont au gré des intérêts personnels, loin des préoccupations citoyennes. L’idéologie, quant à elle, est souvent reléguée au second plan, voire totalement absente.Pourtant, dans les démocraties matures, les idéologies permettent de structurer les débats, d’orienter les politiques publiques, de clarifier les choix, et de responsabiliser les dirigeants.
Sans elles, le citoyen devient un simple spectateur d’un théâtre politique où les rôles sont flous et les enjeux, souvent obscurs.Le plaidoyer d’Assi Fulgence Assi est aussi un appel à la refondation. Refonder le débat politique africain autour d’idées fortes, de valeurs assumées et de projets de société clairs.
Car, comme il le souligne, « les nations ne se bâtissent pas sur l’improvisation et l’opportunisme, mais sur des visions, des idées, et des idéologies assumées. » Il ne s’agit pas de revenir à une division caricaturale entre gauche et droite, mais de réhabiliter la pensée politique, d’encourager les intellectuels à prendre part au débat, et de pousser les partis à formuler des orientations claires.
L’intervention de Fulgence Assi nous rappelle que l’avenir politique de l’Afrique ne se jouera pas dans les calculs de couloir, mais dans la capacité de ses élites à penser, à rêver et à construire. Gouverner sans idéologie, c’est gouverner à l’aveugle. Et un peuple conduit à l’aveugle ne peut espérer qu’une chose : l’éveil de ses guides.
Hilaire GUEBY







