
Burkina Faso : adoption d’un nouveau code de la famille criminalisant l’homosexualité
Lemandatexpress – L’Assemblée de Transition du Burkina Faso a adopté, le 1er septembre, une réforme majeure du Code de la famille. Parmi les mesures les plus marquantes figure la criminalisation de l’homosexualité, désormais passible de deux à cinq ans d’emprisonnement, assortis d’amendes. La loi s’applique également aux étrangers, qui risquent la déportation en cas de condamnation.
Le ministre de la Justice, Edasso Rodrigue Bayala, a justifié cette disposition en qualifiant les actes homosexuels de « comportements bizarres », estimant que la sanction pénale reflète les valeurs traditionnelles liées au mariage et à la famille au Burkina Faso.
Au-delà de cette mesure, le nouveau code introduit un durcissement des conditions d’acquisition de la nationalité. Il prévoit notamment la possibilité de retrait pour des actes jugés « contraires aux intérêts du Burkina Faso » et impose une durée minimale de cinq ans de mariage avant l’obtention de la nationalité.
Concernant le mariage, l’âge légal est fixé à 18 ans, mais une dérogation reste possible dès 16 ans sous certaines conditions. Ce changement intervient alors que, selon les données de l’UNICEF, la législation précédente permettait le mariage à partir de 17 ans pour les filles et 20 ans pour les garçons, dans des cas particuliers.
Cette réforme s’inscrit dans la politique de transformations sociales et juridiques engagée par le régime du capitaine Ibrahim Traoré, arrivé au pouvoir après le coup d’État de septembre 2022. L’idée d’une pénalisation de l’homosexualité avait été introduite dès juillet 2024 par le Conseil des ministres avant d’être ratifiée par le parlement de transition.
Déjà, la mesure soulève des critiques de la part de la société civile et d’observateurs internationaux, qui dénoncent une régression des droits et une mise en péril des libertés individuelles.
Izou Dine avec APR News







