
Législatives 2025 : la fronde des cadres PPA-CI fait souffler un vent de crise sur le parti de Gbagbo
Lemandatexpress – Le PPA-CI traverse l’une des plus fortes zones de turbulence de son histoire récente. Depuis la décision du Comité central, le 6 novembre 2025, de boycotter les élections législatives prévues en décembre, plusieurs cadres majeurs du parti ont choisi de s’en affranchir, bousculant ouvertement l’autorité de Laurent Gbagbo et la discipline interne.
La résolution de ne pas participer au scrutin découle directement de la présidentielle du 25 octobre, pour laquelle la candidature de Laurent Gbagbo a été rejetée. Cette invalidation, suivie de manifestations avortées et d’arrestations, a conduit le parti à dénoncer un contexte « délétère », incompatible avec « des élections crédibles et transparentes ».
Dans le communiqué final, le PPA-CI évoquait un environnement socio-politique marqué par la répression, les persécutions et le harcèlement judiciaire, justifiant sa volonté de “retrouver la posture du boycott”.
La base militante s’attendait donc à un retrait total du processus électoral. Mais la suite allait prendre une tournure inattendue.
Des cadres brisent la ligne officielle
Contre toute anticipation, des figures de premier plan ont choisi de déposer leurs candidatures auprès de la CEI, en indépendant, créant un séisme interne et un début de crise de légitimité.
Selon des sources concordantes, Stéphane Kipré, Vice-président du parti et proche de Nady Bamba, a officiellement déposé sa candidature dans la circonscription de Daloa.
L’un des piliers du PPA-CI prend ainsi la tête d’un mouvement de défiance assumé envers la résolution du parti.
Dans le sillage de Kipré, Hortense Seri Louma, maire de Grand-Zattry et présidente de la Ligue des femmes du PPA-CI, refuse catégoriquement d’abandonner la course.
Elle se défend de toute trahison : « Ma candidature ne relève ni d’une ambition personnelle incontrôlée, ni d’un calcul contre mon parti. Elle répond à une nécessité politique. Grand-Zattry a besoin de voix fortes. Je ne céderai ni à la pression ni aux injonctions sans fondement. »
Une prise de position frontale, qui accentue les tensions internes.
À Lakota, Prince Arthur Dalli prend position. Autre proche du camp Kipré, Prince Arthur Dalli, maire de Lakota, est lui aussi dans la course comme candidat indépendant. Déjà tourné vers la campagne, il s’écarte lui de la discipline de vote prônée par la direction.
D’autres cadres auraient déposé leurs dossiers dans diverses circonscriptions.
Pour une partie de la base militante, ces candidatures relèvent de la “trahison”, de l’indiscipline” et d’un affaiblissement du parti au moment où il cherche à consolider sa cohésion après la présidentielle.
Des voix internes réclament déjà des sanctions afin « d’éviter un effet domino » et prévenir une multiplication de candidatures dissidentes.
La situation place le PPA-CI dans une posture délicate. Le parti doit désormais gérer une fronde interne, préserver son image, maintenir son unité et éviter une fragmentation qui pourrait peser lourdement sur son avenir politique.
À un mois des législatives, une question domine, le PPA-CI peut-il encore empêcher que la défiance interne ne devienne une rupture ouverte? Wait and see!
Hilaire Gueby







