
Tolérance zéro sur les routes: “Dabagaou”, bavettes gênantes… gbaka et wôrô-wôrô bientôt dans le viseur
Le Ministère des Transports et des Affaires maritimes, à travers la Direction générale des Transports terrestres et de la Circulation (DGTTC), a tenu jeudi 21 mai 2026, une importante rencontre d’information et de sensibilisation avec les acteurs du transport urbain, notamment les conducteurs et propriétaires de gbaka et taxis communaux. La rencontre s’est déroulée au siège du Haut Conseil du Patronat des Entreprises de Transport Routier, à Treichville.
Autour du Directeur général du Haut Conseil, Diaby Ibrahim, plusieurs figures influentes du secteur ont pris part aux échanges, notamment Drissa Diaby dit “TV2”, responsable patronal des transports, Konaté Sidiki alias “Américain”, président des syndicats de transports de Côte d’Ivoire, ainsi que Doumbia Mamery dit “Madouba” et Cissé Ahmed dit “SK”, président du Collectif des transporteurs de Yopougon. Face aux transporteurs, Oumar Sacko, Directeur général des Transports terrestres et de la Circulation (DGTTC), a clairement annoncé le ton. L’opération nationale “Tolérance zéro”, lancée depuis le début de l’année, s’apprête désormais à viser le transport public urbain.
Selon lui, les gbaka et wôrô-wôrô avaient jusque-là été épargnés afin d’éviter une paralysie de l’activité économique à Abidjan, où le transport collectif représente l’essentiel des déplacements quotidiens. Mais après les véhicules administratifs, les forces de défense et de sécurité et les véhicules particuliers, l’heure est venue pour les acteurs du transport urbain de se conformer strictement aux règles. Le directeur de la DGTTC a notamment dénoncé plusieurs pratiques devenues courantes à savoir, le “dabagou”, ces accessoires métalliques installés à l’avant et à l’arrière des véhicules, les bavettes ou garde-boue surdimensionnées traînant sur le bitume, l’absence de plaques d’immatriculation régulières, l’indiscipline au volant ainsi que le non-respect du code de la route.
« Ce que vous appelez dabagou est interdit. Nous demandons que les bavettes soient réglées à niveau afin qu’elles ne touchent plus le sol », a insisté Oumar Sacko, soulignant que les usagers et les piétons multiplient les plaintes contre ces pratiques jugées dangereuses et gênantes. Le responsable de la DGTTC a toutefois assuré que l’État entend accompagner les transporteurs avant toute phase de répression. Des solutions seront proposées pour faciliter la régularisation des plaques d’immatriculation, la mise en conformité des véhicules et le traitement des problèmes liés aux châssis et documents administratifs. Autre point majeur évoqué, le renouvellement du parc automobile. Le ministère a rappelé que les véhicules de transport en commun d’occasion sont soumis à des limites d’âge strictes et que plusieurs véhicules actuellement en circulation approchent de leur retrait obligatoire.
Oumar Sacko a également abordé la question sensible des “gnambros”, ces individus accusés de racket dans les gares et corridors de transport. Selon lui, ces pratiques ont des conséquences directes sur le comportement des chauffeurs, contraints de multiplier les recettes quotidiennes au détriment parfois de la sécurité routière. Pour les autorités, l’objectif reste clair. Il faut restaurer la discipline sur les routes, réduire les accidents et professionnaliser davantage le secteur du transport urbain. Les échanges avec les syndicats et responsables du secteur devraient se poursuivre dans les prochaines semaines afin de définir les modalités d’application des nouvelles mesures annoncées.
Mathias Kouamé







