
Réforme électorale : Yaya Fofana plaide pour des arbitres crédibles et indépendants
La réforme de la gouvernance électorale annoncée par le gouvernement continue de susciter des réactions au sein de la classe politique ivoirienne. Dans une tribune publiée le 22 juin 2026 à Abidjan, Yaya Fofana, président du Mouvement des Forces d’Avenir (MFA), estime que la réussite de cette réforme dépendra avant tout de la crédibilité des personnalités appelées à diriger les futurs organes électoraux.
Tout en saluant la volonté des autorités d’engager une réflexion sur l’avenir du système électoral ivoirien, l’homme politique considère que la séparation annoncée des fonctions électorales constitue une avancée potentielle pour la transparence des scrutins. Le projet gouvernemental prévoit notamment la mise en place de trois organes distincts chargés respectivement de l’organisation des élections, du recensement des votes et de la supervision du processus.
Cependant, pour Yaya Fofana, la question essentielle demeure celle de la désignation des responsables appelés à animer ces institutions.
« La crédibilité d’un système électoral ne dépend pas uniquement de son architecture juridique ou institutionnelle. Elle repose avant tout sur l’indépendance, l’intégrité et la neutralité de celles et ceux qui le font fonctionner », souligne-t-il.
Selon lui, l’histoire politique démontre que la confiance des citoyens dans les élections repose principalement sur l’existence d’arbitres dont l’impartialité ne fait l’objet d’aucune contestation. Il rappelle que plusieurs crises politiques en Côte d’Ivoire ont trouvé leur origine dans des différends liés aux processus électoraux, d’où la nécessité de bâtir des institutions capables de rassurer l’ensemble des acteurs.
Pour renforcer la confiance, le président du MFA formule plusieurs propositions. Il préconise notamment un mécanisme de nomination fondé sur le consensus entre le pouvoir, l’opposition et la société civile. Il recommande également l’organisation d’auditions publiques des candidats retenus, la garantie de leur indépendance à travers des mandats protégés ainsi que la création d’un comité consultatif pluraliste chargé de suivre le fonctionnement des organes électoraux.
Ce comité, composé de représentants de la société civile, du monde universitaire, des ordres professionnels, des confessions religieuses et des forces politiques, aurait pour mission d’évaluer les candidatures et de veiller à la transparence du processus de désignation.
Pour Yaya Fofana, l’enjeu dépasse les intérêts partisans et concerne directement la stabilité du pays. Il estime que la réforme électorale en cours représente une opportunité historique de renforcer durablement la confiance entre les citoyens et les institutions.
« La véritable victoire d’un système électoral n’est pas la proclamation des résultats. C’est l’acceptation des résultats par tous », affirme-t-il.
À travers cette tribune, le président du MFA appelle l’ensemble des acteurs politiques à privilégier l’intérêt national afin de bâtir des institutions électorales suffisamment crédibles pour être acceptées avant, pendant et après les scrutins.
Pour lui, la réussite de la réforme passera inévitablement par la capacité des autorités à garantir que les futurs arbitres du jeu démocratique soient perçus comme étant au service exclusif de la République.
M.Galé







