
Souveraineté énergétique : L’expert international Serge Parfait Dioman appelle l’Afrique à choisir son propre destin
L’Université Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan-Cocody a accueilli, le mercredi 22 juillet 2026, la conférence inaugurale de la deuxième édition du Colloque international COP’ AFRICA 2026, dédiée à la souveraineté énergétique du continent face aux crises géopolitiques. Placé sous la présidence du ministre Amadou Coulibaly, cet événement a été marqué par l’intervention majeure de Serge Parfait Dioman, expert international en industries pétrolières et énergies.
Défendant une vision pragmatique, l’expert a affirmé que la souveraineté énergétique ne réside pas dans le repli sur soi, mais dans la liberté accordée à chaque État de choisir les sources d’énergie adaptées à son développement, tout en restant ouvert aux investisseurs internationaux. Évoquant le cas de la Côte d’Ivoire, M. Dioman s’est montré confiant quant au potentiel du bassin sédimentaire national et a souligné la solidité du modèle ivoirien, structuré autour de cinq piliers essentiels : la sécurité, la souveraineté, l’indépendance, l’autonomisation et une gouvernance pérenne.

Sur le plan macroéconomique, il a préconisé une intégration continentale renforcée par une monnaie commune forte telle que l’Eco, indispensable pour stimuler les investissements et la fluidité des échanges dans le secteur énergétique. Concernant l’emploi local, il a dissipé les idées reçues en précisant que le manque de nationaux à certains postes à très haute expertise relève d’un défi de qualification plutôt que d’exclusion. Il a vivement encouragé la jeunesse à s’orienter vers les filières techniques et à exploiter les opportunités offertes par la Direction du contenu local.
Abordant l’innovation technologique, Serge Parfait Dioman a exhorté l’Afrique à mettre l’intelligence artificielle au service de la compétitivité industrielle — à l’image des procédés automatisés de la Société Ivoirienne de Raffinage (SIR) — tout en plaidant pour une refonte de la recherche universitaire axée sur des thèses « exécutoires » et opérationnelles.
Rappelant enfin que l’industrie pétrolière s’appuie en majorité sur une grande diversité de métiers techniques (soudeurs, mécaniciens, logisticiens) et pas uniquement sur des ingénieurs, il a ouvert de nouvelles perspectives pour la jeunesse. En conclusion, Philippe Ibitowa, président de la Fondation Cap Africa, a salué une conférence éclairante qui confirme que l’avenir énergétique africain dépendra prioritairement de la formation des compétences, de la gouvernance et de la souveraineté stratégique.
Mathias Kouamé







