Louvel-Yao (1ère vice-présidente de l’INTERPRU): « Le secteur des petits ruminants est un secteur stratégique et prometteur… »
Du 26 au 29 juillet 2026 s’est tenu à Yamoussoukro, un atelier national de validation du projet de décret portant réorganisation de la Chambre nationale de l’agriculture. Au terme des assises, madame Louvel-Yao, 1ère vice-présidente de l’interprofession des petits ruminants de Côte d’Ivoire (INTERPRU) s’est prêtée aux questions de Le Mandat. Entretien.
Madame la vice-présidente, pouvez-vous nous présenter votre structure?
L’INTERPRU représente la filière des petits ruminants, notamment les moutons et les cabris. Depuis le décret du 12 mars 2025, elle est l’interprofession reconnue pour cette filière en Côte d’Ivoire.
Comment se porte aujourd’hui ce secteur ?
Le secteur des petits ruminants est un secteur stratégique et très prometteur pour la Côte d’Ivoire. Il ne s’agit pas d’une nouvelle activité : l’élevage de moutons et de chèvres existe depuis toujours dans notre pays. En revanche, avec la reconnaissance officielle de l’INTERPRU par le décret du 12 mars 2025, nous disposons désormais d’un cadre institutionnel qui permettra de mieux organiser les acteurs, d’améliorer la production, de renforcer la professionnalisation et d’attirer davantage d’investissements. Notre ambition est de faire de cette filière un véritable levier de création de richesses, d’emplois et de sécurité alimentaire.
Vous prenez part aux assises de Yamoussoukro sur la réorganisation de la Chambre Nationale d’Agriculture. Qu’est-ce qui justifie la présence de l’INTERPRU ?
Je vous remercie pour cette question. Lorsque nous parlons d’agriculture, il faut comprendre l’agriculture au sens large. Elle englobe les productions végétales, les productions animales, la pêche, l’aquaculture et toutes les activités connexes. L’élevage constitue donc une composante essentielle de l’agriculture ivoirienne. À ce titre, il est tout à fait légitime que l’INTERPRU participe à cette réflexion nationale sur la réorganisation de la Chambre Nationale d’Agriculture. Notre présence traduit la volonté des professionnels des ressources animales de contribuer activement aux réformes qui façonneront l’agriculture ivoirienne de demain.
Quelles sont vos principales attentes concernant cette réorganisation ?
Nous saluons tout d’abord cette initiative du Gouvernement. Nos attentes sont nombreuses, mais elles reposent sur trois priorités essentielles. Premièrement, nous souhaitons une représentation plus équitable de toutes les filières agricoles afin que la voix des éleveurs soit pleinement entendue. Deuxièmement, nous souhaitons renforcer la concertation entre les interprofessions pour améliorer l’organisation des filières, l’encadrement des producteurs et la circulation de l’information. Enfin, nous voulons une Chambre d’Agriculture moderne, capable d’accompagner les défis de la compétitivité, de l’intégration régionale et de la souveraineté alimentaire.
L’Organisation Interprofessionnelle des Petits Ruminants est-elle suffisamment connue des Ivoiriens ?
Notre notoriété progresse de façon constante. Le grand public nous connaît notamment grâce à la Foire Ivoire Tabaski, qui constitue aujourd’hui un rendez-vous majeur de la filière. Depuis notre reconnaissance officielle en mars 2025, nous travaillons activement à renforcer notre visibilité et à faire connaître nos missions auprès des populations. Notre objectif est aussi de susciter des vocations, notamment auprès des jeunes et des femmes, afin que davantage d’Ivoiriens investissent dans l’élevage des petits ruminants.
On entend souvent dire que l’élevage est principalement pratiqué par des non-nationaux. Quel est votre commentaire ?
Je pense qu’il s’agit surtout d’une perception qui évoluera avec le temps. La Côte d’Ivoire a démontré, dans plusieurs filières agricoles comme l’anacarde, qu’elle est capable de devenir un acteur majeur lorsqu’elle se fixe des objectifs clairs. Nous sommes un peuple d’agriculteurs et nous avons les capacités de réussir également dans l’élevage. Nous disposons de terres, de ressources fourragères, de compétences et surtout d’un marché national dynamique et solvable. Avec une meilleure organisation, une formation adaptée et des investissements structurants, je suis convaincu que, dans les prochaines années, de nombreux Ivoiriens s’engageront davantage dans cette activité. L’élevage est une opportunité économique ouverte à tous. Notre mission est précisément de créer les conditions pour que chaque Ivoirien qui souhaite investir dans cette filière puisse le faire dans les meilleures conditions.
Entretien réalisé à Yamoussoukro
par Joseph Kouakou






