Réconciliation nationale : le PPA-CI plaide pour un dialogue permanent afin de reconstruire la confiance
Le Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI) a consacré sa tribune hebdomadaire de ce mardi 4 août à la réconciliation nationale, estimant que quinze ans après la crise post-électorale de 2010-2011, la Côte d’Ivoire n’a pas encore achevé son processus de cohésion sociale.
Au nom du pilier « Réconciliation nationale » du Pacte social porté par Laurent Gbagbo, le parti a lancé un appel en faveur d’un dialogue politique permanent. Pour Diaby Youssouf, chargé de présenter cette vision, la stabilité retrouvée ne saurait être assimilée à une véritable réconciliation.
« Nous vivons côte à côte sans véritablement une cohabitation partagée. La réconciliation reste inachevée », a-t-il déclaré, rappelant que Laurent Gbagbo défend depuis toujours le dialogue comme principal instrument de règlement des crises.
Le PPA-CI estime que les fractures liées à la citoyenneté, au foncier rural et à la représentation politique continuent d’alimenter les tensions. Selon le parti, ces questions traversent l’histoire contemporaine du pays et nécessitent des réponses consensuelles plutôt que des solutions imposées. Il a également évoqué les différentes crises politiques qu’a connues la Côte d’Ivoire, soutenant que les avancées les plus significatives ont toujours été obtenues à travers des négociations.
Dressant un bilan des quinze dernières années, la formation politique de Laurent Gbagbo reconnaît les progrès enregistrés en matière de reconstruction économique et de fonctionnement des institutions. Toutefois, elle estime que plusieurs défis demeurent, notamment en ce qui concerne la justice, la mémoire des victimes, les conflits fonciers, l’inclusion politique et les perspectives offertes à la jeunesse.
Pour sortir durablement de ces blocages, le PPA-CI propose un ensemble de réformes regroupées autour de dix engagements. La principale mesure consiste en la création d’un Conseil national permanent du dialogue réunissant anciens présidents, partis politiques, société civile, autorités religieuses et coutumières ainsi que les organisations de jeunes et de femmes. Cette instance aurait pour mission de prévenir les crises plutôt que d’intervenir uniquement lorsqu’elles éclatent.
Le parti préconise également une réforme consensuelle du code électoral, le renforcement de l’indépendance de la justice, une politique nationale de mémoire intégrant toutes les victimes des crises ivoiriennes, une réforme du foncier rural ainsi qu’un vaste programme d’insertion des jeunes.
En définitive, le PPA-CI a réitéré son appel au pouvoir, à l’opposition et à l’ensemble des forces vives de la nation à privilégier le dialogue. « Asseyons-nous et discutons », a insisté Diaby Youssouf, présentant cette formule comme le fondement d’une paix durable et d’une réconciliation fondée sur la confiance, la justice et le respect mutuel.
Martial Galé







