Indépendance 2026 : Les GOR s’acharnent sur Blé Goudé et pourtant…
Pour sa présence à la cérémonie officielle de la fête de l’Indépendance 2026, à Yopougon, Charles Blé Goudé est raillé par certains de ses anciens compagnons pro-Gbagbo. Et pourtant, il ne s’agit ni plus ni moins que d’un acte citoyen.
La Côte d’Ivoire, dans toute sa diversité, a répondu présente à la célébration du 66e anniversaire de son indépendance. Si le PPA-CI et certains partis politiques ont choisi de briller par leur absence, Charles Blé Goudé, au nom du COJEP, a, lui, marqué sa présence à ce moment historique.
Il n’en fallait pas davantage pour susciter les railleries d’une partie des « Gbagbo ou rien » (GOR), qui assimilent cette démarche du leader du COJEP à une forme de trahison. Certains vont même jusqu’à ressortir les propos de Cissé Bacongo, qui affirmait que Blé Goudé était « avec le RHDP au propre comme au figuré ».
Mais ces mêmes thuriféraires semblent curieusement moins enclins à relever la présence du professeur Gilbert Aké N’Gbo, ancien Premier ministre de Laurent Gbagbo, à cette cérémonie.
Que dire également du PDCI-RDA, hier encore engagé dans le front contre la candidature d’Alassane Ouattara, mais qui a pris une part active à l’organisation de cette célébration, depuis les préparatifs jusqu’à la cérémonie, aux côtés du maire de Yopougon, Adama Bictogo ? Plusieurs cadres, élus et responsables du parti étaient d’ailleurs présents à la place FICGAYO. Une participation qui s’inscrit, elle aussi, dans un élan républicain.
Au fond, que reproche-t-on réellement à Charles Blé Goudé ? Pour certains de ses détracteurs, l’ancien chef de file des Jeunes Patriotes devrait rester fidèle à la ligne politique qui était la sienne dans les années 2000-2010. Comme si l’homme devait demeurer figé dans le passé, malgré les épreuves et les enseignements de la vie.
« Je ne peux plus être le même Blé Goudé », rappelait pourtant l’intéressé dans une récente interview accordée à Fraternité Matin.
Cette phrase résume peut-être mieux que tout autre discours l’évolution du leader du COJEP. Après les tumultes de la crise ivoirienne et un long séjour carcéral à La Haye, Blé Goudé revendique désormais une autre approche de la politique, davantage tournée vers la responsabilité, le dialogue et l’intérêt national.
« L’intérêt de la Côte d’Ivoire passe avant mes propres ambitions », aime-t-il d’ailleurs à rappeler.
Cette nouvelle posture ne signifie pas pour autant qu’il renonce à ses convictions. Lorsqu’il estime que l’action du pouvoir mérite d’être critiquée, Blé Goudé ne s’en prive pas. Mais il semble désormais vouloir distinguer l’opposition politique de l’affrontement systématique, et la contestation du refus de participer à la vie de la nation.
C’est peut-être là toute la différence entre le Blé Goudé d’hier et celui d’aujourd’hui.
Participer à une cérémonie nationale ne signifie pas nécessairement rallier le pouvoir. Cela peut aussi simplement traduire la volonté de prendre part à un moment qui dépasse les clivages partisans. L’Indépendance appartient à tous les Ivoiriens, y compris à ceux qui ne partagent pas la vision du pouvoir en place.
Au-delà des querelles politiques et des procès en « trahison », il faut admettre que dans une République, être présent à la célébration de son pays ne devrait pas être perçu comme une faute politique. Car il faut apprendre à placer la Côte d’Ivoire au-dessus des rancœurs d’hier.
MGK







