Front Commun PDCI-PPA-CI: Dia Houphouët fait des révélations sur l’échec de ce mouvement politique
Mis sur pied dans le contexte du processus électoral de 2025, le Front commun entre le PDCI-RDA et le PPA-CI n’aura finalement pas résisté au temps. Engagé dans cette coalition, l’ancien député Yohou Dia Houphouët revient sur les raisons de cet échec et pointe notamment un déficit de communication et de confiance entre les deux partenaires.
Le Front commun PDCI-RDA-PPA-CI devait constituer une plateforme de mobilisation de l’opposition face aux enjeux électoraux de 2025. Mais, quelques mois après sa mise en place, cette alliance s’est progressivement essoufflée, jusqu’à laisser apparaître au grand jour les divergences entre les deux partis.
Pour Yohou Dia Houphouët, qui s’est confié au site Actu People, cet échec est d’autant plus regrettable qu’il avait personnellement déployé beaucoup d’énergie dans cette initiative. « Dans ce front commun avec le PPA-CI, je me suis investi à fond, au risque de ma vie, parce que j’y croyais sincèrement », explique-t-il.
L’ancien parlementaire reconnaît toutefois que les bases de cette alliance étaient fragiles. Le PDCI-RDA et le PPA-CI, héritier du FPI de Laurent Gbagbo, ne disposent pas de la même culture ni de la même idéologie politique. Une différence que Dia Houphouët dit avoir tenté de dépasser pour permettre au Front commun de fonctionner.
Cet engagement lui aurait même valu des critiques au sein de son propre parti. « Certains considérant que j’étais devenu un militant du PPA-CI, parce qu’à leurs yeux, je défendais et présentais Laurent Gbagbo mieux que le Président Thiam », révèle-t-il. Pour lui, cette implication ne répondait pourtant qu’à une conviction : faire réussir l’alliance.
« Cela a été une déception»
Yohou Dia Houphouët réfute par ailleurs l’idée selon laquelle les frustrations actuelles seraient liées à sa non-réélection comme député. « Certains ont tendance à penser que si nous sommes en colère, c’est parce que nous n’avons pas été réélus. Non, cela n’a rien à voir », affirme-t-il.
Selon lui, la véritable difficulté est intervenue après le rejet des candidatures de Laurent Gbagbo et de Tidjane Thiam. Le Front commun avait alors, dit-il, convenu de poursuivre la lutte, notamment à travers les élections législatives.
L’objectif était de présenter une position commune et d’appeler les électeurs à participer au scrutin afin de permettre à l’opposition de disposer d’un contre-pouvoir à l’Assemblée nationale. « Nous nous étions accordés sur le fait que la lutte devait continuer et qu’elle se poursuivrait à l’hémicycle », soutient-il.
Mais c’est précisément sur cette séquence que les incompréhensions auraient commencé. Dia Houphouët affirme que le PDCI-RDA et le PPA-CI avaient convenu d’une démarche commune pour les législatives. Or, selon son récit, le PDCI-RDA aurait été amené à faire sa propre déclaration sur sa participation au scrutin, avant de connaître officiellement la position du PPA-CI.
Le défaut de communication au cœur des tensions
Pour le responsable politique, le problème ne réside pas uniquement dans la décision prise, mais surtout dans la manière dont elle aurait été communiquée.
« Le minimum de respect voudrait que vous soyez informé en priorité lorsqu’un changement intervient », insiste-t-il. Il rappelle que le PDCI-RDA, qui célèbre cette année ses 80 ans, ne saurait être considéré comme un partenaire politique secondaire.
« Nous ne pouvons donc pas accepter que les cadres du PDCI-RDA et son Président apprennent à la télévision qu’une décision ou une orientation a changé. Cela ne se fait pas », déplore-t-il.
Cette situation aurait, selon lui, profondément affecté la confiance entre les deux formations. Dia Houphouët estime que les engagements pris autour de la table auraient dû être respectés ou, à tout le moins, faire l’objet d’une concertation préalable en cas de changement de stratégie.
Enfin, l’ancien député avance une autre explication aux revirements observés au sein du PPA-CI. « S’ils ont changé d’avis, c’est notamment parce que les cyberactivistes proches du PPA-CI leur ont mis la pression », affirme-t-il, mettant en lumière certaines influences exogènes.
M. Galé






