Côte d’Ivoire: les faîtières du spectacle vivant montent au créneau contre certaines dispositions de l’arrêté 0750
Le Collectif des faîtières, associations, artistes, acteurs et entrepreneurs des arts vivants de Côte d’Ivoire a organisé, vendredi 4 septembre 2026, une réunion publique à La Fabrique Culturelle, aux II Plateaux.
La rencontre a permis aux professionnels du secteur de présenter leurs préoccupations et surtout de rendre public un plaidoyer adressé au ministère de la Culture et de la Francophonie, en vue d’une révision concertée de l’arrêté n°0750/MCF/CAB du 14 octobre 2025 déterminant le régime des entrepreneurs de spectacles vivants sur le territoire national.
Réunis autour d’une démarche qu’ils veulent « constructive », les acteurs du spectacle vivant ont insisté sur le fait qu’ils ne s’opposent pas au principe d’une réglementation de leur secteur. Au contraire, ils disent partager l’ambition de l’État de mieux structurer la profession, d’identifier les opérateurs, de protéger les artistes et les publics et de renforcer la sécurité des spectacles.
Mais, selon eux, certaines dispositions de l’arrêté risquent de fragiliser les acteurs les plus modestes. Adama Adepojo, dit Taxicompteur, président de la Fédération nationale des théâtres de Côte d’Ivoire, a notamment relevé plusieurs différences entre l’arrêté de 2025 et les décrets de 2021 encadrant le spectacle vivant et le statut de l’artiste. Il a évoqué les frais et cautions liés aux licences, pouvant atteindre plusieurs millions de francs CFA, l’obligation d’affiliation à une faîtière, les conditions d’expérience jugées contradictoires, ainsi que les exigences liées à l’homologation des lieux et à la billetterie.
Le Collectif estime également que le dispositif ne prend pas suffisamment en compte la diversité des disciplines, des territoires et des modèles économiques. Théâtre, musique, danse, conte, cirque, mime, humour, slam, marionnettes ou encore arts patrimoniaux évoluent dans des réalités différentes, tout comme les spectacles organisés à Abidjan et ceux qui se tiennent dans les zones rurales.
Dans son plaidoyer, le Collectif propose notamment la gratuité des licences A, B et C, la création d’une licence D pour les petits spectacles, la suppression des cautions fixes au profit de garanties proportionnées au risque, ainsi qu’un régime différencié selon la jauge, la fréquence des spectacles et leur caractère lucratif ou non.
Les acteurs demandent également une période transitoire d’au moins 24 mois, la simplification des procédures pour les petits lieux et la mise en place d’une concertation inclusive avec les professionnels.
Pour le Collectif, l’objectif est de faire de la réglementation « un levier de développement, non une barrière à la création ». Il appelle ainsi le ministère de la Culture à ouvrir un cadre de dialogue et à engager la révision de l’arrêté.
Sidoine Koffi







