Facture normalisée électronique: la FENACCI crée un observatoire pour faciliter la mutation
Le président du conseil d’administration de la Fédération nationale des acteurs du commerce de Côte d’Ivoire (FENACCI), Farikou Soumahoro, a animé le samedi 05 août 2026 à Adjamé-Abidjan, une conférence de presse autour du thème: « Mutation de la facture normalisée vers le numérique, quels impacts sur le commerce en Côte d’Ivoire?».
A cette occasion, le PCA de la FENACCI a annoncé la création de l’Observatoire national de la facturation normalisée électronique (ON-FNE), destiné à accompagner la mutation de la facture normalisée vers sa version électronique et à formuler des propositions au gouvernement.
Selon Farikou Soumahorao, l’initiative vise à donner aux acteurs du commerce les moyens de mieux maîtriser les enjeux liés à la facturation normalisée électronique. « C’est pour se donner les moyens non seulement de maîtriser tout le processus lié à la mutation de la facture normalisée vers la version numérique, mais surtout de demeurer une force de proposition pour le gouvernement ivoirien que je procède à la création de l’Observatoire national de la facturation normalisée électronique », a-t-il expliqué.
Poursuivant, M. Soumahoro a fait savoir que l’ON-FNE se veut un cadre de réflexion et d’expertise regroupant des compétences nationales et internationales autour de cet instrument considéré comme stratégique pour l’économie ivoirienne. Le PCA a désigné le président du Conseil fédéral des commerçants de Côte d’Ivoire (CFC-CI), Ouattara Lamine pour assurer l’animation de cet observatoire.
La création de cet organisme intervient alors que la Direction générale des impôts (DGI) a annoncé, dans un communiqué publié le 21 août 2026, le démarrage, à compter du 1er septembre, des contrôles de la facturation normalisée électronique sur l’ensemble du territoire national. La mesure impose aux contribuables l’utilisation de la facture normalisée électronique (FNE) et du reçu numérique électronique (RNE), sous peine de sanctions prévues par la loi.
Face à cette échéance, la FENACCI avait sollicité, le 31 août 2026, la suspension de l’opération afin de permettre l’ouverture d’une large concertation avec les acteurs concernés. La centrale syndicale estime que le secteur du commerce, déjà fragilisé par les effets du Covid-19, de la crise russo-ukrainienne, des tensions dans le détroit d’Ormuz et des différentes hausses des prix du carburant, doit bénéficier d’un accompagnement approprié.
Pour Farikou Soumahoro, la réussite de la réforme passe notamment par une meilleure sensibilisation des contribuables. Il préconise ainsi une vaste campagne d’information, de communication et de formation, particulièrement à l’endroit des commerçants, dont une grande partie «évolue dans le secteur informel, afin de leur permettre de comprendre et de maîtriser les nouveaux outils».
Le PCA de la FENACCI a également rappelé que la facture normalisée a été introduite dans la comptabilité ivoirienne en 2005, dans le cadre de la loi de finances de cette année-là. Il a souligné qu’à l’époque, les opérateurs économiques n’étaient pas suffisamment préparés à cette réforme, ce qui avait conduit à des mobilisations pour obtenir des mesures d’accompagnement.
Il a cité, parmi les acquis issus de cette mobilisation, la mise en place de la facture normalisée générée par les imprimeurs agréés, la facture normalisée pré-imprimée ainsi que la création des centres de gestion agréés (CGA). « J’étais il y a 21 ans à la pointe du combat de la facture normalisée. Je suis et reste saisi de cette problématique aujourd’hui », a-t-il déclaré, revendiquant une longue expérience sur cette question.
La transition vers la facturation électronique soulève, selon lui, de nouvelles préoccupations liées notamment à l’accès à l’électricité, aux équipements informatiques et à Internet. « Le secteur du commerce, surtout les espaces marchands, est-il suffisamment équipé de ces deux entités ? Nos commerçants sont-ils préparés à l’utilisation de l’outil informatique ? », s’est-il interrogé, avant de répondre par la négative.
À travers l’ON-FNE, Farikou Soumahoro entend donc faire de la FENACCI un acteur de veille, d’analyse et de proposition sur la réforme de la facturation normalisée électronique. L’observatoire devrait contribuer à identifier les difficultés rencontrées sur le terrain, à proposer des solutions adaptées et à favoriser un dialogue renforcé entre les pouvoirs publics et les opérateurs économiques pour une mise en œuvre maîtrisée de la réforme.
Kouassi N’Goran






