Le PPA-CI dénonce un harcèlement judiciaire, Mambé mobilise le secteur privé, Idriss Diallo et un 2e mandat mal parti ?…
La procédure judiciaire autour de Justin Katinan Koné suscite la bronca du PPA-CI. Le parti de Laurent Gbagbo est vent debout après la garde à vue de son vice-président. De son côté, le PDCI-RDA, à quelques heures de son grand rassemblement de Korhogo, réaffirme son attachement à Tidjane Thiam. Patron de la deuxième édition d’IMPACT IA, le Premier ministre a lancé un appel au secteur privé pour accélérer l’utilisation de cette nouvelle technologie. Dans le même temps, le vice-Premier ministre, ministre de la Défense, affichait à Paris les ambitions de la Côte d’Ivoire dans le domaine spatial. Dans le secteur éducatif, le ministre N’Guessan Koffi prend une mesure ferme contre la vente des manuels scolaires. Au football, l’Assemblée générale élective de la FIF nourrit quelques interrogations après la dernière sortie du candidat Idriss Diallo… La Matinale express.
Tout est allé vite autour de Justin Katinan Koné. Déclaration enflammée le 3 septembre, plainte du RHDP le 7, convocation et audition deux jours plus tard à la préfecture de police d’Abidjan. Désormais en garde à vue, le 4e vice-président du PPA-CI est appelé à se présenter devant le parquet ce vendredi 11 septembre. Il n’en fallait pas plus pour que sa formation politique se mette en branle.
La tribune du PPA-CI, jeudi, a ainsi pris des allures de véritable réquisitoire contre le parti au pouvoir. Selon L’Inter, le parti « dénonce un harcèlement judiciaire » et réclame l’arrêt des poursuites contre son 4e vice-président. Il exige, par ailleurs, « l’arrêt total, complet et sans conditions des processus ». « Le PPA-CI n’acceptera jamais que sa parole soit étouffée », a déclaré Léon Monnet Emmanël, dans des propos rapportés par Le Nouveau Réveil.
De fait, dans cette procédure, le PPA-CI perçoit une volonté manifeste du RHDP de se servir « de la justice pour bâillonner l’opposition ». « Ici, on emprisonne les opposants sans état d’âme », pointe Le Temps. Convoqué initialement dans le cadre d’une plainte pour diffamation contre le RHDP, Katinan voit désormais les charges évoluer, constate La Voie Originale. Il est notamment poursuivi pour « fausses nouvelles » et « trouble à l’ordre public », des qualifications que le journal met en lien avec la présidentielle d’octobre 2025. Le PPA-CI appelle ses militants à rester mobilisés. Pendant ce temps, L’Avenir croit savoir « pourquoi Katinan tombe sous le coup de la loi ».
Toujours sur le front politique, le PDCI-RDA s’active pour sa cérémonie de commémoration de son 80e anniversaire à Korhogo. Dernière Heure Monde fait état d’une forte mobilisation des bases de la Bagoué et du Poro pour ce rendez-vous. Profitant de cette tournée de mobilisation, le secrétaire exécutif en chef, Yapo Calice, a livré une véritable profession de foi : « En 2030, il fera jour pour les militants du PDCI. Thiam sera notre candidat. »
Au-delà de ce rendez-vous historique de Korhogo, le PDCI-RDA reste au cœur de l’actualité nationale, notamment dans le cadre de la mise en place du nouvel organe électoral. À ce sujet, Le Mandat relève qu’avec le PPA-CI, le MGCI et l’ADCI, c’est aussi le regret de ne pas être représentés à l’Assemblée nationale qui se pose, tandis que le parti doyen est très courtisé au sein de l’opposition. Plus pessimiste, Générations Nouvelles constate les difficultés de la quête d’unité de l’opposition ivoirienne.
Sur le plan économique, le gouvernement s’est montré actif au plus haut niveau. Le Premier ministre Robert Beugré Mambé a assuré le patronage de la deuxième édition d’IMPACT IA, la conférence nationale consacrée à l’intelligence artificielle. Du haut de cette tribune, le chef du gouvernement a lancé « un appel au secteur privé à une alliance pour l’IA », rapporte Le Mandat. « Universitaires, startups, partenaires, osez en développant des solutions », a exhorté M. Mambé. Pour lui, l’enjeu est de « passer de la vision à l’exécution » et de mettre l’IA au service des priorités nationales, selon L’Expression.
Dans le même temps, à Paris, le vice-Premier ministre, ministre de la Défense, portait la voix de la Côte d’Ivoire au Sommet sur l’espace. « Nous entendons faire du spatial un levier de notre stratégie de développement », assure Téné Birahima Ouattara dans les colonnes du Patriote. De son côté, Le Jour Plus revient sur les trois axes des partenariats stratégiques avec la France.
Dans cet élan d’ouverture et de diversification des partenariats, la Côte d’Ivoire renforce également sa coopération avec la Chine. Pékin ouvre un grand chantier aux produits ivoiriens, selon les informations de Soir Info. En retour, les véhicules chinois prennent de plus en plus possession des routes ivoiriennes. De 638 véhicules vendus en 2020 à plus de 10 000 par an, relève Le Matin dans une enquête express.
Au plan social, un vent de fraîcheur pourrait souffler sur le secteur éducatif. Le ministre de l’Éducation nationale a annoncé une mesure ferme concernant la vente de manuels scolaires au sein des établissements. Cette pratique est désormais interdite. Selon Le Rassemblement, N’Guessan Koffi considère qu’elle constitue une « atteinte à la liberté ».
De son côté, la ministre d’État, Anne Ouloto, a eu un dialogue direct avec les fonctionnaires de la région des Grands-Ponts. Elle y a donné des directives et fixé de nouvelles exigences en matière de service public.
Au football, on retient son souffle à 24 heures de l’Assemblée générale élective de la Fédération ivoirienne de football. Si l’on se dirige vers des assises qui devraient davantage ressembler à une confirmation qu’à une véritable bataille électorale, les récents propos d’Yacine Idriss Diallo suscitent quelques interrogations.
Lors de sa conférence de presse télévisée du 9 septembre, le candidat a affirmé n’avoir pas demandé le retrait de Malick Tohé. Pour Supersport, YID ne dit pas la vérité. Le quotidien évoque d’ailleurs « une sortie qui fait polémique », allant jusqu’à parler d’un « deuxième mandat mal parti ». De quoi pimenter quelque peu l’épilogue d’un processus électoral jusque-là dénué de véritable suspense.
À lundi.
Martial Galé







