Lemandatexpress – Après les élections de 2025, Simone Ehivet Gbagbo veut relancer la dynamique d’union au sein de l’opposition ivoirienne. La présidente du Mouvement des générations capables (MGC) multiplie les consultations avec plusieurs formations politiques afin de parvenir à une position commune sur les grandes questions politiques et électorales du pays.
Invitée de l’émission « Tête-à-tête » de France 24, cette semaine, l’ancienne Première dame a expliqué que cette démarche était déjà engagée avec plusieurs partis, notamment le Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI), le PDCI-RDA et l’ADCI, dirigée par Assalé Tiémoko.
Selon Simone Gbagbo, une proposition écrite et concrète a été élaborée afin de servir de base aux discussions. « Nous avons envoyé cette proposition à tous les partis, y compris au RHDP », a-t-elle précisé, soulignant ainsi la volonté de ne pas limiter les consultations aux seules formations de l’opposition.
Cette nouvelle démarche intervient après l’échec de la coalition envisagée avant la présidentielle d’octobre 2025. Simone Gbagbo avait alors participé à la mise en place d’une plateforme regroupant plusieurs forces de l’opposition. Le PPA-CI de Laurent Gbagbo n’avait toutefois pas intégré cette coalition.
Depuis, la présidente du MGC entend reprendre le dialogue. Le 1er septembre, elle s’est rendue au siège du PPA-CI avec d’autres responsables politiques de gauche pour présenter sa proposition.
Laurent Gbagbo n’était pas présent à cette rencontre, mais, selon Simone Gbagbo, plusieurs hauts responsables du parti ont reçu la délégation et pris connaissance du document.
« Nous avons souhaité que le PPACI nous rejoigne dans cette discussion », a-t-elle expliqué.
Interrogée sur ses relations personnelles avec Laurent Gbagbo, son ancien époux, Simone Gbagbo a préféré mettre l’accent sur la démarche politique. « Le passé reste le passé. Aujourd’hui, j’estime qu’il faut que nous allions de l’avant », a-t-elle déclaré.
Elle précise par ailleurs ne pas avoir échangé directement avec Laurent Gbagbo au sujet de cette initiative, les discussions passant pour l’instant par les structures du PPA-CI.
Plusieurs propositions sur la table
La démarche de Simone Gbagbo ne se limite pas au rapprochement avec le PPA-CI. Elle indique que plusieurs propositions sont actuellement examinées par les différentes formations politiques.
« Il y a la nôtre, qui est la première, mais il y a deux autres propositions qui sont également sur la table et que nous sommes en train de traiter », a-t-elle expliqué.
L’objectif affiché est de parvenir à « une position commune » quand à la nouvelle réforme électorale susceptible d’être présentée au gouvernement.
Cette volonté de convergence intervient notamment dans le contexte de la réforme de la gouvernance électorale. Simone Gbagbo défend pour sa part la création d’un nouvel organe électoral débarrassé de la présence des représentants des partis politiques et du gouvernement.
Elle estime que cette configuration permettrait de renforcer la confiance des électeurs et de favoriser leur participation aux prochaines consultations électorales.
À travers ces consultations, Simone Gbagbo entend donc dépasser les divisions qui avaient marqué la période précédant la présidentielle de 2025. La rencontre avec le PPA-CI, les échanges avec le PDCI-RDA et la participation de l’ADCI témoignent, selon ses déclarations, d’une volonté de construire progressivement une plateforme autour de propositions communes.
Abran Saliho


