Gouvernance électorale : Des partis politiques et OSC ouvrent le débat sur le futur organe électoral

Lemandatexpress – Réforme institutionnelle, fiabilité de la liste électorale, contentieux et éducation civique ont été au cœur d’un symposium organisé les 24 et 25 septembre à Abidjan. Plus de 100 participants issus des partis politiques, de la société civile, des confessions religieuses, des institutions, des missions diplomatiques et du monde universitaire ont réfléchi aux conditions d’élections crédibles, inclusives et apaisées.

Le symposium est une initiative du Centre de recherche et d’action pour la paix (CERAP), en partenariat avec la Konrad-Adenauer-Stiftung (KAS). Il a eu pour thême: « Réforme de la gouvernance électorale en Côte d’Ivoire : quel modèle institutionnel pour des élections crédibles, inclusives et apaisées ? ».

La rencontre a réuni plus de 100 participants, selon le communiqué de clôture, dont copie a été transmise à Le Mandat Express, le samedi 26 septembre 2026. Plusieurs formations politiques, dont le PDCI, le RHDP, le PPA-CI, ADCI et le HCE, ont notamment pris part au panel consacré à la « confiance et légitimité électorale ».

Les échanges ont permis d’examiner les mécanismes susceptibles de renforcer la confiance entre les acteurs politiques et la légitimité du processus électoral. Au centre des discussions figuraient également le modèle institutionnel du futur organe chargé de l’organisation des élections, ainsi que les garanties de son indépendance et de son impartialité.

Liste électorale et indépendance au cœur des débats

La fiabilité et la révision de la liste électorale, le contentieux électoral et l’éducation civique électorale ont également occupé une place importante dans les travaux. Les participants ont dégagé plusieurs pistes de réflexion portant notamment sur le profil des membres du futur organe électoral, leur mode de sélection, son autonomie et les mécanismes devant favoriser des scrutins inclusifs et apaisés.

Président du comité scientifique du symposium, enseignant-chercheur et responsable de la revue scientifique du CERAP, le père Fidèle Ingiyimbere a relevé l’existence d’une « crise de la confiance » entre les citoyens et les institutions. Il a plaidé en faveur d’institutions « indépendantes, inclusives et impartiales », estimant qu’une liste électorale fiable et un mécanisme régulier de révision constituent des éléments importants pour prévenir les tensions.

Le religieux a, par ailleurs, insisté sur le rôle de l’éducation civique électorale dans la promotion du pluralisme politique et la prévention des violences liées aux élections.

Les conclusions attendues dans la réforme du système

De son côté, l’imam Ibrahima Koné, secrétaire général du Forum national des confessions religieuses de Côte d’Ivoire et président du conseil d’administration d’une plateforme d’organisations de la société civile pour l’observation des élections, a salué la participation conjointe des acteurs politiques, religieux et de la société civile à cette réflexion.

Il a appelé au renforcement de la confiance entre les Ivoiriens et souhaité que les membres du futur organe électoral soient sélectionnés sur la base de critères rigoureux et exercent leurs fonctions avec intégrité et indépendance.

Cette réflexion intervient dans le contexte de la réforme de la gouvernance électorale engagée par les pouvoirs publics. Le 6 mai 2026, le Conseil des ministres avait adopté une ordonnance portant dissolution de la Commission électorale indépendante (CEI), ainsi que le projet de loi de ratification correspondant. Le gouvernement avait alors évoqué les réserves et critiques exprimées à l’endroit de la CEI au terme du dernier cycle électoral.

Le 22 juin 2026, le Premier ministre Robert Beugré Mambé avait présenté aux partis politiques et aux organisations de la société civile les orientations du nouveau cadre de gestion des élections. L’architecture envisagée s’articule autour de trois volets : l’organisation matérielle des élections, le recensement et la compilation des votes, ainsi que la supervision et le contrôle du processus électoral.

Les conclusions du symposium du CERAP et de la KAS devraient ainsi contribuer à nourrir les réflexions sur la future architecture électorale ivoirienne, avec l’ambition affichée de favoriser des élections crédibles, transparentes, inclusives et apaisées.

Kouassi N’Goran

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