Parrain de la rentrée politique d’Ahoutou Emmanuel, coordonnateur principal de Sakassou, le Coordonnateur régional RHDP du Gbêkê a appelé les cadres et militants de la région à mettre de côté les divisions et à renouer davantage avec le terrain.
La cohésion interne avant les ambitions individuelles. À Sakassou, le ministre Assahoré Konan Jacques a choisi de placer cette exigence au cœur de son intervention lors de la rentrée politique d’Ahoutou Emmanuel. Devant les cadres et militants du RHDP réunis samedi, le Coordonnateur régional principal du parti dans le Gbêkê, parrain de la cérémonie, a appelé à l’union, tout en invitant les responsables locaux à renforcer leur présence auprès des populations.
Le propos n’était pas seulement un appel général à la cohésion. Assahoré Konan Jacques a cité les « querelles de positionnement », les « luttes de leadership », et les divisions entre cadres parmi les facteurs susceptibles, selon lui, de fragiliser l’action du RHDP dans le Gbêkê. « L’unité n’est pas une option. C’est une obligation. C’est la condition sine qua non de notre victoire. Un parti uni est un parti fort. Un parti divisé est un parti mort. Nous n’avons pas le droit de sacrifier l’avenir de notre parti dans nos régions sur l’autel de nos ego», a-t-il affirmé, invitant chacun à mettre de côté les intérêts individuels au profit de l’organisation collective.
Une mise en garde appuyée par le bilan
Pour expliquer cette exigence, le responsable régional a dressé un bilan contrasté de la situation du RHDP dans le Gbêkê. Il a rappelé les résultats obtenus en 2023, avec notamment la conquête du Conseil régional et de la mairie de Bodokro, ainsi que la progression du vote du parti dans plusieurs villages (de moins de 10% à 50%). Pour 2025, Assahoré a évoqué la première victoire aux législatives dans la circonscription de Botro et la confirmation à Diabo sans oublier l’augmentation de l’enrôlement de nouveaux militants dans certaines localités, notamment à Diabo et Languibonou.
Mais ces avancées, a prévenu le président du Conseil régional, ne sauraient masquer les difficultés persistantes. « Ces résultats ne doivent pas nous endormir. Ils doivent nous galvaniser », a-t-il déclaré. De fait, dans son intervention, les acquis électoraux apparaissent moins comme un aboutissement que comme un indicateur de la capacité du parti à organiser ses forces et à maintenir une présence régulière dans les différentes localités.
Des fragilités qui interrogent le dispositif
Assahoré Konan Jacques a notamment cité Sakassou, Béoumi et Diabo parmi les zones où le RHDP n’a pas remporté certains sièges de maire ou de député. Des résultats qui contrastent avec les investissements publics réalisés dans la région, notamment dans les secteurs de l’éducation, de la santé, de l’eau et des infrastructures. Pour lui, les responsables locaux doivent davantage expliquer, écouter et maintenir le contact avec les habitants.
Cette proximité constitue le deuxième volet de son propos. « Nos parents veulent des actes, pas des statuts. Ils veulent de la présence, pas des publications. Ils veulent du concret, pas du virtuel », a-t-il déclaré, pointant une pratique politique qui, selon lui, accorde parfois trop de place aux réseaux sociaux au détriment des rencontres directes.
Une série d’engagements.
L’appel à l’unité s’est finalement traduit en une série d’engagements proposés aux cadres et militants : unité, proximité, mobilisation et loyauté. Le premier, insiste M.Assahoré, doit permettre de mettre fin aux querelles de positionnement et de favoriser le travail collectif. Le deuxième renvoie à la présence dans les villages, les quartiers et les différents espaces de vie. Le troisième concerne l’enrôlement de nouveaux militants. Le dernier porte sur la fidélité au parti et à son président, Alassane Ouattara.
Une feuille de route, à travers laquelle, le ministre Assahoré Konan Jacques établit un lien direct entre cohésion interne et implantation locale. Pour le coordonnateur régional RHDP, avant de chercher à renforcer sa présence dans les différentes localités du Gbêkê, le parti doit d’abord préserver son unité.
La rentrée politique s’est tenue en présence de plusieurs responsables du RHDP, notamment Jeannot Ahoussou Kouadio, conseiller spécial du président de la République, ainsi que les ministres Amadou Koné (maire de Bouaké), Amedé Kouakou, Sidi Tiémoko Touré et Koffi N’Guessan.
Martial Galé


