Lemandatexpress – Une contribution unitaire de 10 FCFA sur certaines opérations économiques pourrait-elle contribuer au financement de l’agriculture, de la transformation locale et des initiatives en faveur de la jeunesse ? C’est la réflexion portée par le Missionnaire Bazare Djessa Pierre Sauve, auteur de la proposition citoyenne « IVOIRE 2035 ».
Présentée comme une piste de réflexion et non comme une demande d’instauration immédiate d’une nouvelle taxe, l’initiative vise à ouvrir un débat sur la mobilisation de ressources supplémentaires pour soutenir l’économie productive et les opportunités offertes aux jeunes.
Selon son promoteur, le principe serait d’étudier la possibilité d’appliquer une très faible contribution sur certaines catégories de grandes consommations, transactions ou opérations économiques. Le montant de 10 FCFA constitue, à ce stade, une hypothèse de travail destinée à mesurer le potentiel d’un tel mécanisme.
À titre de simulation, le document avance l’hypothèse de 33 millions d’opérations éligibles par jour. À raison de 10 FCFA par opération, cela représenterait théoriquement 330 millions de FCFA par jour, soit 120,45 milliards de FCFA sur une année. Une autre hypothèse, basée sur 10 millions d’opérations quotidiennes, aboutirait à 36,5 milliards de FCFA par an.
Ces montants restent toutefois purement théoriques. Djessa Lenovateur précise qu’ils ne constituent ni des recettes annoncées, ni une prévision officielle. Le montant réellement mobilisable dépendrait notamment du nombre d’opérations effectivement retenues, des éventuelles exonérations, du coût de collecte et du cadre juridique qui serait éventuellement adopté.
Une étude de faisabilité avant toute décision
Au cœur de la proposition figure la réalisation préalable d’une étude nationale. Celle-ci devrait permettre d’évaluer le potentiel réel du mécanisme et ses éventuelles conséquences sur les ménages et les entreprises.
Le promoteur souhaite notamment que soient étudiés les secteurs et opérations susceptibles d’être concernés, le cadre juridique nécessaire, les modalités de collecte, les coûts du dispositif ainsi que les mécanismes de contrôle.
L’initiative prévoit également l’intervention d’experts issus de plusieurs domaines, notamment l’économie, la finance, le droit, l’agriculture, l’entrepreneuriat et l’université.
Agriculture, transformation locale et emploi des jeunes
Dans l’hypothèse où un tel mécanisme serait jugé pertinent à l’issue des études, les ressources pourraient, selon la proposition, être orientées vers des investissements productifs.
L’agriculture moderne, la mécanisation, l’irrigation, le stockage et la conservation des produits figurent parmi les domaines ciblés. La transformation locale des matières premières, les unités agro-industrielles, la formation professionnelle, l’entrepreneuriat des jeunes et l’accompagnement des petites entreprises sont également évoqués.
L’objectif affiché est de renforcer les chaînes de valeur locales, afin que la production agricole puisse davantage s’accompagner de transformation, de commercialisation et de création d’activités économiques.
Vers une « Banque de la Jeunesse » ?
IVOIRE 2035 propose par ailleurs d’étudier la création d’une « Banque de la Jeunesse » ou, alternativement, d’un mécanisme financier dédié à l’accompagnement des jeunes.
Selon la proposition, un tel dispositif pourrait soutenir progressivement l’épargne, la formation financière, l’entrepreneuriat et le financement de projets productifs, dans le respect de la réglementation bancaire et financière en vigueur.
La transparence au cœur du dispositif
Pour son initiateur, la question de la transparence serait indissociable de toute éventuelle mobilisation de ressources. Il préconise ainsi une traçabilité numérique, des comptes clairement identifiés, des audits réguliers, des contrôles indépendants et la publication de rapports permettant de suivre l’utilisation des fonds.
Les citoyens devraient notamment pouvoir connaître les montants mobilisés, leur destination et les résultats obtenus.
Un appel au débat
À travers IVOIRE 2035, Missionnaire Bazare Djessa Pierre Sauve dit vouloir soumettre une idée au débat public plutôt que réclamer son adoption immédiate.
Il propose la constitution d’un groupe d’experts, la réalisation de simulations à partir de données économiques réelles, l’évaluation de l’impact sur les ménages et les entreprises, l’identification des secteurs prioritaires et, éventuellement, la mise en œuvre d’une phase pilote limitée dans le temps et soumise à une évaluation publique.
Pour le promoteur, l’horizon 2035 doit être l’occasion de réfléchir à de nouveaux mécanismes susceptibles d’accompagner la jeunesse et de renforcer la production nationale.
« IVOIRE 2035 » se présente ainsi comme une proposition citoyenne encore soumise à l’étude, autour d’une question centrale : comment mobiliser de petites contributions collectives, dans un cadre légal et transparent, pour soutenir durablement l’investissement productif et les opportunités économiques en Côte d’Ivoire ?
Abran Saliho



