Lemandatexpress – Le décès d’un professeur d’anglais du Lycée moderne de Bédiala, survenu samedi 26 septembre 2026 au corridor de la localité, a suscité une vive émotion au sein de la communauté éducative du Haut-Sassandra. Le Collectif des syndicats du secteur Éducation-Formation de la région dénonce les circonstances du drame ainsi que des violences qui auraient visé plusieurs enseignants après les faits. Une journée de deuil régional de trois jours a été décrétée à compter de ce lundi.
Un enseignant a perdu la vie dans des circonstances tragiques au corridor de Bédiala, sur l’axe Daloa-Bédiala, samedi 26 septembre 2026. Il s’agit de Keïta Daouda, professeur d’anglais au Lycée moderne de Bédiala.

Dans une note lue par des membres du Collectif des syndicats du secteur Éducation-Formation du Haut-Sassandra, dont une vidéo a été transmise à la presse, les syndicats relatent les circonstances du drame. Selon leur version, l’enseignant revenait de Daloa où il s’était rendu pour effectuer des courses de fin de mois.
D’après le collectif, Keïta Daouda circulait à moto, portait un casque et détenait ses documents. Les syndicats précisent également qu’il ne fumait pas et ne consommait pas d’alcool.
Toujours selon leur récit, le professeur se trouvait derrière un gros camion au moment où celui-ci franchissait le corridor. Les agents chargés du contrôle auraient utilisé une corde comme dispositif de barrage. Après le passage du camion, la corde aurait été relevée alors que l’enseignant s’engageait à son tour pour traverser le corridor.
Le collectif affirme que la corde aurait alors violemment heurté Keïta Daouda, le projetant au sol. Le professeur serait décédé sur le coup.
Des violences dénoncées
Informés du drame, plusieurs enseignants se seraient rendus sur les lieux. Le collectif affirme qu’une forte tension s’est installée après la découverte du corps de leur collègue.
Les syndicats dénoncent notamment l’usage de gaz lacrymogène par des éléments du Groupement mobile d’intervention (GMI), ainsi que des poursuites et des violences qui auraient visé certains enseignants. Ils font également état de téléphones arrachés ou endommagés, de lunettes cassées et de blessures au dos, à la tête et aux pieds.
Selon le collectif, certains enseignants auraient été conduits vers des véhicules des forces de l’ordre, tandis que d’autres auraient été poursuivis jusque dans des bas-fonds avant d’être interpellés et violentés. Ces affirmations sont celles du Collectif des syndicats du secteur Éducation-Formation du Haut-Sassandra.

Les syndicats réclament une enquête permettant de faire toute la lumière sur les circonstances exactes du décès de Keïta Daouda, notamment sur les conditions d’utilisation de la corde comme dispositif de barrage au corridor de Bédiala.
Le collectif évoque par ailleurs un précédent incident survenu au même endroit au mois de juillet, au cours duquel un autre enseignant aurait passé deux jours dans le coma. Il estime que cet élément doit également être pris en compte dans les investigations.
Trois jours de deuil régional
À la suite de ces événements, le Collectif des syndicats du secteur Éducation-Formation du Haut-Sassandra a décrété trois jours de deuil régional, du lundi 28 au mercredi 30 septembre 2026.
Durant cette période, les syndicats appellent les enseignants et le personnel de l’éducation à observer un arrêt des cours, des activités pédagogiques et des activités administratives.
Un programme de mobilisation a également été établi. Ce lundi 28 septembre, une motion de protestation doit être lue à la préfecture de Daloa devant les autorités préfectorales. Mardi 29 septembre, un piquet d’hommage et de recueillement est prévu sur le lieu du décès de Keïta Daouda. Mercredi 30 septembre, les enseignants se rendront à Bédiala pour présenter les condoléances du monde éducatif et témoigner leur solidarité à la famille du défunt.
Dans son mot d’ordre, le collectif appelle toutefois ses membres à se mobiliser « dans le calme, la discipline et le respect des personnes et des biens ».
À travers cette mobilisation, les syndicats disent rechercher la vérité sur les circonstances du décès de leur collègue et réclament « justice et responsabilité », tout en appelant au respect de la dignité et de la sécurité des enseignants.
Abran Saliho



