Lemandatexpress – L’orpaillage illégal constitue une menace pour l’environnement, la sécurité, la santé publique, les ressources naturelles et les activités agricoles. Dans le Sud-Comoé, cette pratique dégrade les terres, détruit le couvert végétal et pollue les cours et plans d’eau. Elle constitue un danger qui nécessite une synergie d’actions pour une lutte efficace.
C’est dans ce cadre que le préfet de région du Sud-Comoé, Cissé Ibrahima, a rencontré, vendredi 9 octobre 2026, à Abidjan, les élus, les cadres, les chefs traditionnels et les responsables communautaires, entre autres, afin de les inviter à s’impliquer davantage dans la lutte contre l’orpaillage illégal. Il s’agit essentiellement des ressortissant de la circonscription 179 notamment, Aboisso, Adaou, Adjouan, Maféré et Kouakro.

Dans son intervention, le préfet de région a indiqué que cette mobilisation vise à protéger les ressources naturelles, à préserver la santé des populations et à freiner l’expansion des sites clandestins dans la région.
« L’orpaillage illégal constitue une menace sérieuse pour nos terres, nos forêts, nos cours d’eau et la santé de nos populations. Il favorise également l’insécurité et expose particulièrement nos jeunes à des activités dangereuses », a alerté le préfet. Il a notamment insisté sur la nécessité de préserver la Bia, la Comoé et la lagune Aby, des ressources essentielles aux communautés locales. « Les gains immédiats de quelques-uns ne doivent pas compromettre l’avenir de tous », a-t-il souligné.
Par ailleurs, l’autorité préfectorale a rappelé la détermination de l’État à faire respecter la loi. Il a fait savoir que l’administration, les services techniques et les Forces de défense et de sécurité poursuivent les opérations de contrôle et de démantèlement des sites clandestins. Selon Cissé Ibrahima, les interventions doivent également cibler les réseaux qui financent, approvisionnent et facilitent les activités illégales. En parallèle, il préconise de renforcer la prévention et de promouvoir des activités économiques légales, particulièrement en faveur des jeunes et des femmes.

M. Ibrahima a également exhorté les acteurs locaux à contribuer à la remontée des informations recueillies sur le terrain. Il les a invités à sensibiliser leurs communautés, à signaler rapidement toute ouverture ou reprise d’activités clandestines et à lutter contre les rumeurs. S’adressant particulièrement aux propriétaires terriens, il les a interpellés en ces termes : « Ne cédez pas vos terres aux exploitants clandestins. Les gains éphémères ne sauraient justifier la destruction durable de votre patrimoine foncier ».
Une action concertée des acteurs locaux
Le président du Conseil régional du Sud-Comoé, également président du Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC), Eugène Aka Aouélé, a inscrit cette initiative dans la continuité des actions engagées par les pouvoirs publics. Il a rappelé les échanges tenus à Aboisso, le 3 septembre 2026, avec le ministre des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, ainsi que l’atelier national de concertation et d’harmonisation des mécanismes de lutte contre l’orpaillage illégal, organisé les 4 et 5 septembre par le Conseil national de sécurité.
Poursuivant, M. Aouélé a indiqué que, dans le prolongement de ces travaux, une réunion du comité départemental élargi s’est tenue le 15 septembre à l’initiative du préfet de région. Cette rencontre a permis la mise en place de comités départementaux consacrés à la lutte contre l’orpaillage illégal. Pour lui, les échanges avec les responsables locaux doivent favoriser une meilleure compréhension du phénomène et permettre d’adapter les réponses aux réalités des communautés.
« La réussite d’une telle entreprise dépendra, toutefois, de la capacité des forces vives de nos localités à s’en saisir et à la prolonger sur le terrain », a-t-il affirmé.
Le président du Conseil régional a, par ailleurs, réitéré l’engagement de son institution à accompagner les actions de sensibilisation, dans le respect de ses missions et de ses responsabilités.

La rencontre a permis de présenter l’état des lieux de l’orpaillage illégal dans le département d’Aboisso, d’échanger sur le phénomène et de faire le point sur les principales orientations issues des précédentes concertations. Selon le directeur régional des Mines et de la Géologie du Sud-Comoé, Aka Martial, 106 sites d’orpaillage ont été identifiés dans la région, dont trois sont encore en activité.
Cissé Ibrahima entend poursuivre les visites de proximité afin de renforcer le dialogue avec les populations et les acteurs économiques. Après avoir visité 56 des 68 directions régionales et services publics du département, cinq sous-préfectures ainsi que les trois autres départements de la région, il prévoit de nouvelles rencontres, notamment à Bianouan, à Yaou et dans la sous-préfecture d’Aboisso, début novembre. La démarche doit contribuer à consolider la mobilisation locale contre l’orpaillage illégal et à inscrire cette lutte dans la durée.
Kouassi N’Goran



