Après une entame de saison en demi-teinte, le transfuge du RB Leipzig semble avoir trouvé ses repères au Real Madrid. Une montée en puissance qui ne surprend pas plusieurs observateurs du football ivoirien, alors que se profile son premier Clasìco.
Yan Diomandé, la recrue ivoirienne du Real Madrid, vient d’enchaîner trois prestations convaincantes : deux en Liga, face à Villarreal puis au FC Séville, et une en Ligue des champions de l’UEFA, contre la Roma. Sa dernière sortie face aux Sévillans est particulièrement révélatrice de la progression de l’ancien dynamiteur du RB Leipzig en Bundesliga. Buteur pour la deuxième fois en championnat, le jeune attaquant de 19 ans a été impliqué dans les quatre réalisations du Real au terme d’un match parfaitement maîtrisé par les Merengue.
Pour le journaliste Roger Dédi, aucun doute : Yan Diomandé a livré un match de référence. « J’attendais plus de lui, pas pour lui mettre la pression. Mais c’est parce qu’on a cru en ses qualités qu’on l’a recruté. À partir de ce moment-là, il doit nous montrer tout son potentiel », affirme ce fervent supporter du Real Madrid. « Mais quand il arrive et qu’il ne joue pas à la hauteur de ses capacités, moi, je m’interrogeais », poursuit-il, estimant même que Vinicius Junior n’est pas nécessairement supérieur à l’attaquant ivoirien.
“Je n’avais pas peur pour lui”
Dans un environnement aussi exigeant que celui du Real Madrid, le temps d’adaptation est essentiel. Et Yan Diomandé semble en faire l’heureuse expérience. Après une période d’apprentissage, l’Ivoirien affiche désormais une courbe de progression encourageante.
« Il monte en puissance. Il joue plus libéré, il joue à sa valeur. Je n’avais pas peur pour lui. Il ne fallait pas se précipiter », observe Fernand Dedeh.
L’ancien présentateur vedette des émissions sportives de la RTI rappelle que le Real Madrid évolue dans une autre dimension : « C’est un club sous pression, tourné vers les résultats, qui dévore les jeunes et qui a besoin d’être à 100 % à chaque fois. »
À ce titre, la gestion de José Mourinho constitue, à ses yeux, un facteur déterminant. « Il a la chance d’évoluer sous les ordres d’un entraîneur comme Mourinho, qui sait encadrer psychologiquement les jeunes et faire preuve de patience. Il sait donner du temps pour faire éclore le génie qui sommeille en eux », souligne Fernand Dedeh, faisant référence à l’expérience de Didier Drogba avec le technicien portugais.
Abdoul Kader Treka, ancien footballeur reconverti dans l’encadrement technique, partage cette analyse. « Je suis d’accord. Mourinho a su aller à son rythme. Il l’a fait entrer en jeu à plusieurs reprises, en lui accordant quelques minutes à chaque sortie, jusqu’à ce qu’il s’intègre », apprécie-t-il.
Cette gestion progressive est d’autant plus importante que le montant du transfert de Yan Diomandé du RB Leipzig au Real Madrid (140 millions d’euros) représente un investissement conséquent, susceptible d’accentuer la pression médiatique sur le jeune joueur.
« Ce n’est pas évident pour un jeune d’atteindre son meilleur niveau en si peu de temps. C’est là que l’entourage entre en ligne de compte. Il doit l’aider à se protéger de la pression médiatique, parce qu’en Espagne, la rivalité est très forte », conseille Abdoul Kader Treka.
Yan Diomandé saisit les occasions
L’ancien footballeur met surtout en avant la capacité de l’Ivoirien à tirer profit de son temps de jeu, aussi limité soit-il.
« Quand tu joues avec des joueurs comme Vinicius et Mbappé, c’est difficile. Mais lorsqu’une occasion se présente, c’est le moment de la saisir. Je pense que c’est ce qu’il est en train de faire. Même si son entraîneur estime qu’il a encore quelques détails à corriger, il contribue aux victoires, marque et fait marquer. C’est le plus important », analyse-t-il.
Abdoul Kader Treka voit également chez l’international ivoirien un profil collectif qui pourrait favoriser son intégration dans le vestiaire madrilène.
« Il a l’instinct du collectif en lui, contrairement à Mbappé et Vinicius, qui sont davantage attirés par les chiffres. Il est arrivé dans un vestiaire de stars. Il va s’adapter à ce nouveau monde », estime-t-il.
L’ancien joueur retient notamment la prise de responsabilité de Yan Diomandé, capable de tenter sa chance de loin et de faire la différence. Pour lui, le jeune Ivoirien est déjà sur la bonne voie. Il évalue son adaptation à environ 60 à 70 %, un bilan qu’il juge positif au regard des exigences du très haut niveau.
Le premier Clasico, un test grandeur nature
Dans cette dynamique favorable, Yan Diomandé aborde une semaine particulièrement importante. Il doit retrouver le RB Leipzig, son ancien club, mercredi 21 octobre, au stade Santiago-Bernabéu, dans le cadre de la troisième journée de la Ligue des champions. Mais c’est surtout le Clasico face au FC Barcelone, prévu le 25 octobre, qui retient l’attention.
Ce rendez-vous majeur du football espagnol représente un défi supplémentaire pour le jeune attaquant, selon Fernand Dedeh. « Il lui faudra du mental et du coffre pour mettre les supporters du Bernabéu à ses pieds. C’est un défi personnel, un challenge à relever », souligne le journaliste.
Pour Roger Dédi, la recette est simple : jouer sans complexe. « S’il joue à sa valeur, le Clasico ne va même pas l’intimider. C’est un match qui doit, au contraire, lui permettre de se mettre en lumière. J’ai vu le premier Clasico de Franck Kessié sous les couleurs du Barça. Il n’a pas douté. Il a joué à sa valeur. Il a marqué », rappelle le premier vice-président de l’Union nationale de la presse sportive de Côte d’Ivoire (UNPSCI).
Il conseille ainsi à Yan Diomandé de se rapprocher de son capitaine en sélection afin de bénéficier de son expérience et de quelques précieux conseils.
Au regard de ses dernières prestations, la tendance est donc encourageante pour le jeune prodige ivoirien. Il dispose d’atouts pour réussir son intégration au Real Madrid et franchir un nouveau palier. À lui de maintenir le cap, de poursuivre sa progression et d’aborder sans complexe les grands rendez-vous qui l’attendent.
Martial Galé



