Blanchiment, stupéfiants, criminalité financière : Le plaidoyer de la Côte d’Ivoire en terres autrichiennes

lemandatexpress – À l’occasion de la 13e Session de la Conférence des États Parties à la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée (UNTOC/CTO), qui se tient du 19 au 23 octobre 2026 au siège des Nations Unies à Vienne, la Côte d’Ivoire a porté sa voix avec fermeté.

Au nom du Gouvernement ivoirien et du Docteur Cissé, représentant permanent empêché, Kouassi Bernard, Directeur de Cabinet du Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, et Chef de la délégation ivoirienne, a livré une déclaration soulignant les défis cruciaux et les engagements stratégiques de son pays, la Côte d’Ivoire. Alignée sur les positions exprimées par le groupe africain et le groupe des 77 + Chine, la Côte d’Ivoire a rappelé l’urgence d’une action commune face aux fléaux qui ébranlent les nations. « La criminalité transnationale organisée constitue une menace majeure pour la paix, la sécurité, l’état de droit et le développement de nos pays », a martelé le Directeur de Cabinet. Pour le Directeur de Cabinet, la réponse face à la diversification continue des réseaux criminels du trafic illicite de stupéfiants à la traite des personnes, en passant par les atteintes à l’environnement, ne saurait être fragmentée. « La diversification (de la criminalité transnationale organisée : ndlr), notamment à travers le trafic illicite, la traite des personnes, la criminalité et les atteintes à l’environnement, appelle non seulement une réponse collective, cordonnée et résolue, mais commande aussi et surtout pour chaque État pris individuellement, de doter du moyen possible pour faire face au défi de ce fléau mondial », a-t-il souligné.

Réformes législatives et institutionnelles

Pour concrétiser cet engagement sur le plan national, la Côte d’Ivoire s’est engagée dans des réformes profondes. M. Kouassi a cité l’adoption de la loi sur le trafic et l’usage illicite de stupéfiants, ainsi que la révision majeure en 2024 du Code pénal, du Code de procédure pénale, et des textes régissant l’entraide judiciaire et l’extradition. Sur le plan institutionnel, l’accent a été mis, selon le Directeur de Cabinet, sur le renforcement du pôle pénal économique et financier, la Cellule de Renseignement Financier (CENTIF) et l’Agence de Gestion et de Recouvrement des Avoirs Criminels (AGRAC). De même, en matière de traite des personnes et de trafic de migrants, la Côte d’Ivoire met activement en œuvre sa stratégie nationale 2026-2030, tout en restant vigilante face aux cyber-crimes et aux atteintes environnementales.

Coopération judiciaire internationale

Plaidant pour une solidarité sans faille entre les nations, le Chef de la délégation ivoirienne a réaffirmé qu’aucune nation ne peut lutter seule contre la criminalité transfrontalière. « La coopération judiciaire internationale constitue un impératif incontournable pour garantir l’efficacité de la justice pénale », a-t-il déclaré, ajoutant que « convaincue qu’aucune nation ne peut à elle seule relever le défi d’une criminalité qui transcende les frontières, notre pays œuvre au renforcement de la solidarité judiciaire entre les États ». À cet égard, des avancées chiffrées particulièrement éloquentes ont été partagées pour illustrer cet engagement diplomatique et judiciaire : depuis janvier 2025, la Côte d’Ivoire a transmis à ses partenaires internationaux 118 demandes d’entraide pénale, dont 208 relatives au blanchiment de capitaux (cumul des procédures), 20 au financement du terrorisme et 30 aux infractions sous-jacentes. « Ces chiffres témoignent de la détermination de la Côte d’Ivoire à faire de la coopération judiciaire internationale un levier essentiel de la lutte contre la criminalité transnationale organisée », a affirmé le représentant du gouvernement ivoirien.

Appel au soutien des pays en développement

Au terme de son intervention, le Chef de la délégation ivoirienne a appelé à un recours accru à l’extradition, au recouvrement d’avoirs et aux enquêtes conjointes, tout en plaidant pour un soutien renforcé aux capacités techniques des pays en développement. « Nous restons persuadés que l’efficacité de notre action dépend de la coopération entre les États.(…) Nous appelons également au renforcement de l’assistance technique et des capacités des pays en développement afin de leur permettre de mettre pleinement en œuvre la Convention et ses protocoles », a-t-il conclu, réaffirmant le plein engagement de la Côte d’Ivoire aux côtés de l’ONUDC et de la communauté internationale.

Zéphirin Gohia

lemandatexpress.net

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