PATEB : L’UNESCO et le ministère de l’Éducation nationale dressent le bilan à mi-parcours et tracent les perspectives

Lemandatexpress – À Grand-Bassam, du 21 au 23 octobre 2026, les acteurs du système éducatif ivoirien se réunissent pour évaluer les acquis du Programme d’Appui à la Transformation de l’Éducation de Base (PATEB), identifier les défis persistants et définir les priorités pour les deux années restantes. Avec l’appui du Partenariat mondial pour l’éducation (GPE), le ministère et l’UNESCO entendent consolider les réformes engagées et améliorer durablement l’accès à l’école, la qualité des apprentissages et la gouvernance du système éducatif.

L’heure est au bilan et à la consolidation des acquis dans le secteur de l’éducation en Côte d’Ivoire. Le ministère de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation et de l’Enseignement technique (MENAET), avec l’accompagnement technique de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), a ouvert, le mercredi 21 octobre 2026, à Grand-Bassam, la revue technique à mi-parcours du Programme d’Appui à la Transformation de l’Éducation de Base (PATEB). Cette rencontre, qui s’achève le 23 octobre, réunit les principaux acteurs institutionnels et partenaires engagés dans la transformation du système éducatif ivoirien.

Au cœur de ces trois journées de travaux : l’évaluation des résultats enregistrés depuis le lancement du programme en octobre 2024, l’identification des difficultés rencontrées et la formulation de recommandations concrètes pour améliorer les interventions jusqu’au terme du programme, prévu le 30 septembre 2028.

Représentant le ministre N’Guessan Koffi à la cérémonie d’ouverture, une représentante du MENAET a souligné le caractère déterminant de cette étape. Elle a indiqué que cette revue constitue une occasion de capitaliser les expériences, de tirer les enseignements de la mise en œuvre et de déterminer les ajustements nécessaires pour renforcer l’impact des actions engagées.

« Elle doit également permettre de dégager les ajustements et les orientations appropriés pour renforcer l’impact des interventions, accélérer la mise en œuvre des réformes et garantir l’atteinte des résultats attendus d’ici au 30 septembre 2028 », a-t-elle déclaré.

Le ministère et l’UNESCO mobilisés pour consolider les acquis

Inscrit dans la dynamique des États généraux de l’éducation nationale et de l’alphabétisation, ainsi que dans le cadre du pacte de partenariat 2024-2028 conclu avec le Partenariat mondial pour l’éducation (GPE), le PATEB bénéficie d’un financement initial de 35,9 millions de dollars américains. Il vise à transformer durablement l’éducation de base à travers trois axes majeurs : l’amélioration de l’accès et de l’équité, le renforcement de la qualité des services éducatifs avec une prise en compte effective du genre, et l’amélioration de l’efficacité et de l’efficience de la gestion du système éducatif.

Dans son intervention, la représentante du ministre a salué l’engagement des structures nationales qui assurent la mise en œuvre opérationnelle du programme, notamment les directions centrales et régionales, les établissements scolaires ainsi que les inspections de l’enseignement préscolaire et primaire. Elle a également exprimé la reconnaissance du ministère au GPE pour son soutien financier et à l’UNESCO pour son accompagnement technique.

En sa qualité d’agent partenaire du programme, l’UNESCO apporte son expertise aux structures du ministère dans la préparation, l’exécution et le suivi des interventions. La représentante du MENAET a notamment mis en avant la contribution des équipes du siège de l’UNESCO, du Bureau régional de Dakar, de l’Institut international de planification de l’éducation (IIPE), du Bureau international d’éducation (BIE) et de l’Institut international pour le renforcement des capacités en Afrique (IICBA).

Cet appui s’étend également aux actions menées avec l’UNICEF en faveur du maintien des filles à l’école et de la santé des élèves, ainsi qu’aux interventions d’AVSI et de Save the Children dans le domaine de la remédiation pédagogique.

Prenant la parole à son tour, le représentant résident de l’UNESCO, Mame Omar Diop, a réaffirmé l’importance de cette coopération pour réussir la transformation du système éducatif ivoirien. Il a rappelé qu’aucune institution ne pouvait relever seule les défis de l’éducation, insistant sur la nécessité de conjuguer les ressources, les expertises et les engagements des différents partenaires.

Pour lui, la revue à mi-parcours doit permettre de porter un regard lucide sur les avancées du programme, d’en tirer les enseignements et de formuler des recommandations utiles pour la suite.

Il a également appelé les parties prenantes à maintenir leur engagement autour des priorités nationales, à renforcer l’appropriation des actions par les acteurs concernés et à veiller à la pérennisation des acquis au-delà de la durée du programme.

« Cette revue est l’occasion de les mettre en commun pour apprendre ensemble de ces deux premières années, faire mieux ensemble là où des défis persistent, faire plus ensemble et mieux travailler ensemble pour le succès du PATEB », a-t-il souligné.

Près de 9 millions de dollars supplémentaires pour accélérer les réformes

Autre annonce majeure de cette rencontre : l’octroi à la Côte d’Ivoire d’un financement complémentaire de 8,982 millions de dollars américains par le Partenariat mondial pour l’éducation. Cette enveloppe, obtenue à la suite de l’atteinte d’un déclencheur lié à la généralisation des contrats d’objectifs et de performance et à la présence effective des enseignants en classe, constitue une opportunité supplémentaire pour consolider les acquis et accélérer les réformes en cours.

Charlotte Lebas, coordonnatrice des programmes du GPE, a salué les progrès enregistrés par la Côte d’Ivoire, notamment dans l’expérimentation des nouveaux programmes scolaires, les dispositifs de remédiation pédagogique et les interventions en faveur de l’éducation des filles.

Elle a toutefois insisté sur la nécessité de faire de cette revue un cadre d’apprentissage collectif et de prise de décisions. Avec moins de deux années de mise en œuvre restantes, le défi consiste désormais à identifier les interventions les plus pertinentes, à accélérer celles qui accusent des retards et à concentrer les ressources sur des actions susceptibles de produire des résultats concrets et durables.

La représentante du GPE a notamment mis l’accent sur les constructions scolaires et l’utilisation optimale de l’allocation complémentaire. Elle a indiqué que les demandes de restructuration du PATEB et relatives à ce financement supplémentaire devraient être finalisées et soumises d’ici décembre, afin de préserver au maximum le temps restant pour leur mise en œuvre.

L’enjeu, a-t-elle expliqué, n’est pas simplement d’ajouter de nouvelles activités, mais de privilégier les interventions pouvant être mises à l’échelle et effectivement exécutées dans les délais impartis.

Des résultats encourageants dans l’accès, la qualité et la gouvernance

Le bilan présenté à mi-parcours fait état d’avancées dans plusieurs domaines, notamment la scolarisation des filles, la santé scolaire, le développement du préscolaire, l’amélioration des apprentissages et le renforcement des capacités des acteurs du système éducatif.

Dans le domaine de l’accès et de l’équité, 120 Clubs des mères d’élèves filles (CMEF) sont fonctionnels dans 90 écoles primaires et 30 collèges. Le programme a permis de former 1 200 femmes membres des bureaux de ces clubs, tandis que 4 200 femmes ont été mobilisées dans les communautés pour soutenir le maintien des filles à l’école.

Par ailleurs, 113 173 élèves ont bénéficié de visites médicales systématiques, dont 51 % de filles. En matière de développement du préscolaire, 386 sites ont été analysés à l’échelle nationale pour accueillir de futures salles de classe. Une stratégie nationale du préscolaire a également été élaborée, son adoption étant encore en discussion.

Sur le volet de la qualité des services éducatifs, 54 établissements pilotes répartis dans les 41 Directions régionales de l’éducation nationale et de l’alphabétisation (DRENA) ont expérimenté les nouveaux programmes de sixième au cours de l’année scolaire 2025-2026. Au total, 15 914 élèves, dont 9 115 filles, ont été concernés par cette expérimentation.

Le programme a également permis la distribution gratuite de plus de 295 000 manuels et livrets scolaires. Cette phase a mobilisé 1 124 enseignants et 556 encadreurs pédagogiques. En outre, 527 enseignants issus de 45 établissements ont été formés à la remédiation pédagogique et à l’égalité de genre. Quarante-sept modules de formation ont par ailleurs été élaborés à l’intention des chefs d’établissement et de leurs adjoints.

En matière de gouvernance, 51 gestionnaires des ressources humaines ont été formés, dont 41 issus des DRENA et 10 responsables RH. Dix-huit nouveaux directeurs régionaux, parmi lesquels cinq femmes, ont également bénéficié de formations. À cela s’ajoute le renforcement des capacités de plus de 350 directrices, cheffes d’établissement et adjointes.

Le suivi de la gouvernance a aussi concerné les 41 DRENA, avec la conduite de contrats d’objectifs et de performance et le suivi des plans de travail annuels budgétisés. Des données de présence des enseignants ont été collectées sur trois trimestres à travers la plateforme CODIPOST. Une étude de l’IIPE-UNESCO a, en outre, analysé les obstacles à l’accès des femmes aux postes de direction, accompagnée d’un diagnostic participatif du genre.

Ces interventions couvrent l’ensemble du territoire pour certaines activités, tandis que d’autres ciblent des zones prioritaires. Quatorze régions sont notamment concernées par les constructions scolaires préprimaires. Les activités de remédiation pédagogique sont déployées dans le Kabadougou, le Folon, le Tchologo et le Hambol, tandis que les visites médicales concernent 1 855 écoles primaires et 45 collèges dans deux régions.

Cette revue doit ainsi permettre aux participants de tirer les leçons de la phase pilote et de déterminer les conditions nécessaires à la poursuite des réformes dans un cadre méthodologique renforcé.

Les représentants des institutions et organisations intervenant dans le secteur éducatif, dont l’UNICEF, Save the Children, et bien d’autres ont également pris part à la rencontre. Ils ont salué les efforts consentis par l’État de Côte d’Ivoire et l’UNESCO en faveur de l’amélioration du système éducatif.

Abran Saliho

Partager cet article

A lire aussi

Abonnez-vous à la newsletter

Abonnez-vous à notre newsletter et recevez chaque jour les actualités essentielles directement dans votre boîte mail.