lemandatexpress – 10 ans de musique, de transmission et de solidarité, mais aussi de plaidoyer pour la reconnaissance des instrumentistes de Côte d’Ivoire. L’Africa Jamming Festival célèbre son 10e anniversaire avec une ambition renouvelée de faire entendre davantage les musiciens ivoiriens, rapprocher leurs talents du grand public et améliorer leurs conditions de vie.
Les grandes articulations de cette édition anniversaire ont été présentées, le mardi 27 octobre 2026, lors d’une conférence de presse au studio Beshamel, à Yopougon Saint-Pierre..Initiée par Xavier Xavson, commissaire général du festival et promoteur de Musicos Group, cette plateforme est née d’un constat selon lequel les instrumentistes, pourtant essentiels à la création musicale, restent souvent dans l’ombre des chanteurs. « En 10 ans, on a permis aux musiciens de sortir de l’ombre », a souligné Xavier Xavson.
Le festival leur offre notamment des prestations enregistrées et des vidéos professionnelles, leur permettant de mieux présenter leur savoir-faire et de gagner en visibilité. Autre acquis majeur, la mise en place de la Mutuelle des instrumentistes de Côte d’Ivoire (MICI), qui compte près de 1 000 adhérents, à ce jour. Elle contribue à la reconnaissance professionnelle de ses membres et porte leurs revendications en matière de protection sociale.
Pour cette 10 ème édition, les organisateurs ont choisi de rompre avec le format habituel concentré autour du 1er novembre. La célébration doit s’étendre de novembre 2026 à novembre 2027, avec plusieurs rendez-vous consacrés à la formation, à la découverte et à la reconnaissance des talents. 3 masterclasses sont annoncées entre janvier et mars 2027 à l’INSAAC. Des Street Jams investiront ensuite les espaces publics et les grands carrefours d’Abidjan, tandis qu’un Jamming Tour conduira la caravane à San Pedro, Yamoussoukro, Divo, Bouaké et Man. Une soirée spéciale est également prévue le 21 juin 2027, à l’occasion de la Fête de la musique.
Le programme comprend en outre un Jamming France, un gala de distinction, les Jamming Awards, puis une grande soirée Jamming Classique pour clôturer cette année anniversaire. Les dates et lieux de plusieurs activités restent à confirmer. Au-delà des concerts, l’Africa Jamming Festival entend ainsi consolider son rôle de plateforme de transmission et de défense des droits des instrumentistes, tout en favorisant les échanges avec la diaspora et les scènes internationales. Pour Xavier Xavson, l’enjeu dépasse la célébration d’un anniversaire : « Le vrai combat derrière le Jamming, c’est la dignité du musicien ».
Parrain artistique de l’événement, David Tayoraud a insisté sur la nécessité d’accompagner les initiatives portées par les professionnels du secteur. Selon lui, le manque de solidarité constitue l’une des principales difficultés du showbiz ivoirien. « Quand un artiste se lève pour initier quelque chose, il n’a personne pour l’accompagner », a-t-il regretté, invitant les acteurs culturels à dépasser les divisions et à soutenir les projets collectifs. Il a également plaidé pour une meilleure professionnalisation du métier, notamment en matière de ponctualité, de discipline et de respect des engagements. Pour lui, la reconnaissance des instrumentistes passe aussi par une rémunération juste et une meilleure prise en compte de leur contribution aux œuvres musicales.
10 ans après ses débuts, le festival veut désormais transformer cette visibilité acquise en reconnaissance durable. Car, derrière chaque voix qui captive le public, il y a souvent des instrumentistes dont le talent mérite, lui aussi, d’être entendu, respecté et justement rémunéré.
Zéphirin Gohia
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