lemandatexpress – Face aux députés de l’Assemblée nationale réunis hier, mercredi 28 octobre 2026, pour une session de formation parlementaire, le président de la Cour des comptes, Kanvaly Diomandé, a présenté le rapport définitif sur l’exécution du budget de l’État et l’audit de performance des programmes de l’année 2025.
Cet exercice de transparence a mis en lumière des avancées notables, tout en soulignant la nécessité de corriger certaines faiblesses structurelles. Ajusté à 15 464 milliards de F CFA, le budget 2025 s’est soldé par un déficit budgétaire d’environ 2 208 milliards de F CFA. Ce solde a toutefois été amorti, aux dire du magistrat, par un excédent de trésorerie de 2 579 milliards, dégageant un solde global positif de 369 milliards. Côté endettement, l’encours atteint 33 159 milliards de F CFA, soit 57,8 % du PIB (Produit intérieur brut), un niveau qui demeure sous le plafond de 70 % fixé par l’UEMOA. « La Côte d’Ivoire est très bien classée, il n’y a pas d’inquiétude », a tenu à rassurer Kanvaly Diomandé, tout en invitant à maintenir une vigilance constante.
Sur le plan de la performance, l’évaluation de 153 programmes répartis dans 33 ministères montre une meilleure appropriation de la gestion axée sur les résultats. 25 Ministères affichent un taux d’exécution supérieur à 90 %, et 62 des 92 recommandations antérieures ont été intégralement appliquées, soit un taux de mise en œuvre de 67,4 %. Saluant cette dynamique, le président de l’institution a martelé : « Quand ça s’améliore, il faut aussi reconnaître que ça s’améliore ». Néanmoins, des insuffisances persistent. Le président de la Cour des comptes a relevé des lenteurs dans la mobilisation des financements extérieurs, plafonnée à 50 %, des retards dans les projets d’eau et d’électricité, ainsi que le recours récurrent aux lettres d’avance.
Poursuivant, Kanvaly Diomandé a notamment fustigé les anomalies de transmission. « La première observation est qu’il y a une différence entre les données relatives aux modifications produites par les Ministères techniques et celles du ministère chargé des Finances, qui devraient être identiques », relevé. Malgré ces réserves, les comptes individuels et le compte général ont été déclarés conformes.
Au terme de cet exposé, le président de l’Assemblée nationale, Patrick Achi, a salué ce travail rigoureux et remercié l’institution pour les formations dispensées aux députés. Pour lui, le contrôle des finances publiques reste « un pilier fondamental de la bonne gouvernance ». En ce qu’il garantit la régularité, la transparence et la responsabilité dans la gestion des ressources de l’État.
Il a ainsi appelé à consolider la coopération entre le Parlement et la Cour des comptes, afin de permettre aux élus de mieux exploiter les rapports de contrôle dans l’examen du projet de loi de règlement.
Zéphirin Gohia
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