Exécution du budget 2025 : La Cour des comptes passe au crible la gestion financière de l’État

lemandatexpress – ‎Les députés de l’Assemblée nationale ont pris part ce mercredi 28 octobre 2026 à une session de formation parlementaire consacrée à la présentation du rapport définitif sur l’exécution de la loi de finances pour l’exercice 2025 et de l’audit de performance des programmes.

Devant la représentation nationale sous l’égide du patron de l’institution, Patrick Achi, le président de la Cour des comptes, Kanvaly Diomandé, a exposé en détail les grands équilibres budgétaires, les résultats des contrôles et les observations de l’institution. Dès l’entame de cet exercice, le magistrat a tenu à structurer précisément sa communication pour guider l’auditoire à travers l’ensemble des aspects examinés par la haute juridiction financière. Et ce, autour de trois points : « le rappel des grandes lignes de l’exécution du budget 2025, la présentation des principales irrégularités et la synthèse des résultats de l’audit des budgets ouverts ». Entrant dans le vif du sujet, Kanvaly Diomandé a annoncé une analyse approfondie allant de la généralité du budget jusqu’à la situation de la Côte d’Ivoire au regard des critères de convergence communautaire.

‎Revenant sur les paramètres chiffrés de l’exercice, Kanvaly Diomandé a rappelé que le budget initial avait été voté en équilibre à hauteur de 15 339 milliards de francs CFA, avant d’être réajusté en cours d’année. « Ce montant a été porté à 15464 milliards à la suite des aménagements opérés en cours par le gouvernement pour un montant de 124 milliards, soit une augmentation de 0,8 % des crédits ouverts par la loi de finances », a-t-il précisé. Abordant ensuite les ressources de l’État, il a défini les finalités de la mobilisation financière. « Les recettes budgétaires sont mobilisées par l’État au cours de l’année en vue de financer ses dépenses budgétaires, notamment celles par lesquelles il assure ses missions régaliennes, économiques et sociales », a-t-il relevé.

Du côté de l’exécution des charges, le président de la Cour des comptes a souligné la dynamique des dépenses ordinaires et leur dépassement par rapport aux prévisions initiales. « Les dépenses ordinaires ont été exécutées à hauteur de 6735 milliards, soit un taux d’exécution de 101 % correspondant à un dépassement de 116 milliards qui est dû notamment aux charges financières de la dette qui sont des crédits évaluatifs », a-t-il expliqué. Évoquant la structure de ces charges, il a noté qu’« au titre de l’année 2025, les dépenses de personnel constituent la part la plus élevée du total des dépenses ordinaires avec une proportion de 26,27 % », suivies par d’autres postes majeurs comme les charges financières et les investissements publics.

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Après avoir analysé les opérations de trésorerie et la situation de la dette publique, Kanvaly Diomandé a mis en perspective les grands équilibres financiers globaux de l’exercice écoulé. « Concernant le solde budgétaire, il dégage un déficit de 2210 milliards. En revanche, le solde de la trésorerie dégage un excédent de 2579 milliards », a-t-il affirmé. Le magistrat a surtout démontré que « l’excédent du solde de la trésorerie couvre largement le déficit du solde budgétaire », ce qui, selon lui, permet de « dégager un solde excédentaire de 369 milliards au titre de l’exercice budgétaire 2025 ». S’agissant du respect des critères de l’UEMOA, il a rassuré les élus en confirmant que « la norme communautaire est de 70 % quand la Côte d’Ivoire n’est que à 57,1 % » concernant l’encours de la dette publique.

En dépit de plusieurs irrégularités relevées par les contrôleurs, telles que les divergences entre les données des Ministères techniques et celles en charge des finances, la persistance des lettres d’avance ou les insuffisances de pièces justificatives, le président de la Cour des comptes a prononcé une déclaration générale de conformité. Il a rappelé que le rapprochement rigoureux entre les comptes des ordonnateurs et ceux des comptables publics garantit la régularité des opérations, permettant à l’institution de clore cet examen par une évaluation minutieuse des budgets-programmes des départements ministériels clés.

Zéphirin Gohia

lemandatexpress.net

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