CGECI Academy 2026 : À Abidjan, l’État et le patronat scellent le contrat des compétences pour transformer l’économie

lemandatexpress – Face à l’urgence de l’emploi jeune et aux objectifs 2030, l’école et l’entreprise s’unissent pour former les talents de l’industrie ivoirienne. Ce jeudi 29 octobre, au Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire, le gouvernement ivoirien et les chefs d’entreprise se sont rendu compte du manque des milliers de jeunes qualifiés, en vue des grands projets industriels prévu par l’État d’ici 2030.

Portant sur le thème « Capital humain, levier stratégique pour l’Afrique », ce rendez-vous a réuni pouvoirs publics, chefs d’entreprise et bailleurs ont parlé d’une même voix. Ouvrant la série des allocutions, le patron des patrons ivoiriens, Ahmed Cissé, a posé le diagnostic, à travers des chiffres réels sur la table. « Notre continent ne crée qu’environ 3 millions d’emplois formels par an, alors que 10 à 12 millions de jeunes arrivent chaque année sur le marché du travail. Chaque année, l’écart se creuse », a-t-il fait remarquer.

Puis, en s’adressant aux jeunes diplômés dans la salle : « Vous n’êtes pas une charge. Vous êtes la première richesse de ce continent et sa plus grande promesse. Mais aucun champion national ne se construira sans talents. Former les jeunes n’est pas une dépense sociale, c’est un investissement stratégique, au même titre que construire une route ou un port ».

Représentant le gouvernement, le ministre des Transports, Amadou Koné, a rappelé que l’État attend du secteur privé qu’il finance 70 % du PND 2026-2030. Cet investissement nécessite, de son avis, des bras et des têtes. « Derrière chaque usine qui se construit, chaque port que nous agrandissons, il faut des femmes et des hommes capables de concevoir, d’exploiter et de maintenir ces équipements. La qualité de nos investissements dépendra exclusivement de la qualité de notre capital humain », a-t-il souligné. Pour se faire, il a prôné une rupture fondamentale dans la façon de former. « L’État ne peut plus prétendre former seul dans son coin et livrer ensuite un ‘’produit fini’’ au marché. L’entreprise doit devenir notre co-pilote pour élaborer les programmes scolaires et accueillir les apprentis », a-t-il préconisé.

Le ministre congolais de l’Industrie et ancien patron des patrons au Congo (UNICONGO), Michel Djombo, a demandé de ne pas mesurer la réussite d’une politique éducative non pas au nombre de diplômes distribués, mais au taux d’insertion professionnelle, au recrutement local et à la hausse des salaires. « Nous ne devons pas simplement former pour répondre aux besoins de l’économie d’aujourd’hui. Nous devons former pour rendre possible l’économie que nous voulons construire demain », a-t-il martelé. Avant de renchérir : « Avoir un Master ou une Licence ne sert à rien si personne ne vous embauche. Il faut former les jeunes aux métiers du futur (automatisation, numérique, maintenance industrielle) ».

Le Président de la BOAD – Banque Ouest-Africaine de Développement, Serge Ekué, a pour sa part, soulevé la question du financement. « Nous savons parfaitement financer le béton, les routes et les centrales électriques. La vraie rupture, c’est de savoir financer le capital immatériel : non seulement les murs des universités, mais le contenu des cours et la formation des professeurs », a-t-il relevé. Il a appelé à stopper les querelles d’ego entre le public et le privé. Car, selon lui, l’État, les banques et les entreprises ne sont pas des concurrents, face aux crises. « Nous ne sommes pas en soustraction, nous sommes en addition », s’est-il résumé

Le Vice-Président Tiémoko Meyliet Koné a inscrit le capital humain parmi les conditions de la transformation économique et sociale du pays, aux côtés de l’industrialisation, de la transformation locale des matières premières et des infrastructures. Il a plaidé pour une collaboration plus étroite entre pouvoirs publics, établissements de formation et entreprises. Il a aussi rappelé le choix de l’État de renforcer l’enseignement technique et la formation professionnelle, avec des formations conçues avec les entreprises, à partir de leurs besoins.

Zéphirin Gohia

lemandatexpress.net

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