Côte d’Ivoire : Alassane Ouattara et le secret des 7 %, le cri d’alarme du PPA-CI, un manque à gagner de 200 à 300 millions FCFA…

À la 8e Conférence de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), à Genève, le discours d’Alassane Ouattara a particulièrement retenu l’attention. Une véritable « master class » mettant en avant le modèle ivoirien en matière de croissance économique. Pendant ce temps, la vie chère reste au cœur des préoccupations. La Ligue des femmes du PPA-CI a de nouveau tiré la sonnette d’alarme. La grogne monte également dans la filière cacao, où le SYNAP-CI pointe du doigt le Conseil du Café-Cacao. Au Conseil d’État, Ibrahim Coulibaly Kuibiert entend insuffler un nouveau dynamisme à l’institution. Dans le football, l’élimination des clubs ivoiriens des compétitions africaines continue, elle aussi, de susciter des interrogations. (La Matinale expresse)

La Côte d’Ivoire est sous les projecteurs à Genève, en Suisse. Le président de la République y a livré un message fort, à la tribune de la 8e Conférence de l’OMC. Un partage d’expérience qui suscite des réactions enthousiastes dans une bonne partie de la presse locale. Le Rassemblement salue un « Ouattara magistral à Genève », tandis que L’Expression met en avant la « success story » impulsée par le chef de l’État.

Au cours de ce sommet, Alassane Ouattara a appelé à la transformation des économies africaines, à travers notamment « une mondialisation repensée pour offrir davantage d’opportunités », rapporte L’Inter. Cette rencontre a également été l’occasion pour le chef de l’État d’expliquer « le secret des 7 % de croissance en 14 ans », fait remarquer L’Avenir.

Un regard plus critique

Mais le discours présidentiel à l’OMC suscite aussi des appréciations contrastées. À côté des réactions élogieuses se dessine un regard plus critique. C’est notamment le cas de Contre-poids, qui dénonce « un discours hors-sol ». Pour le journal, il s’agit d’« une haute voltige verbale, soigneusement calibrée pour les cénacles internationaux », à l’image de ces allocutions qui « planent à dix mille pieds au-dessus des réalités ».

Parmi ces réalités figure la vie chère, une préoccupation centrale et persistante en Côte d’Ivoire. Dans le prolongement des récentes manifestations contre la flambée des prix du poisson et de la viande sur les marchés, « le PPA-CI accuse et exige des mesures », selon La Voie originale. La Ligue des femmes du parti de Laurent Gbagbo mène cette offensive, lançant, rapporte La Nouvelle Alliance, « un cri d’alarme contre la paupérisation ».

Sur le front socioéconomique, les tensions persistent également dans la filière cacao. Le SYNAP-CI et son président, Koné Moussa, sont sur le pied de guerre. Depuis Toulepleu, leur mot d’ordre est sans équivoque : « Soyez prêts à descendre sur la Caistab au Plateau. C’est méchant de payer le cacao à 1 200 F CFA. Des acheteurs paient le cacao à 1 400, 1 500, voire 1 800 F CFA. Pourquoi le Conseil du Café-Cacao n’augmente-t-il pas son prix ? », s’est indigné Koné Moussa, dans des propos rapportés par Le Sursaut.

Les bonnes pratiques ivoiriennes

En revanche, les nouvelles sont plus rassurantes dans le domaine de l’urbanisation. La Côte d’Ivoire figure parmi les bons élèves du continent. Jeudi, à l’ouverture de la présentation du rapport phare sur l’urbanisation en Afrique, le Premier ministre, Robert Beugré Mambé, a mis en avant les bonnes pratiques ivoiriennes, indique Fraternité Matin. Par ailleurs, selon Le Mandat, il a invité les acteurs publics et privés à repenser la conception des villes, tout en rappelant que le développement urbain doit avant tout être au service des populations.

De son côté, le vice-président de la République, Tiémoko Meyliet Koné, a honoré de sa présence la première édition de la CGECI Academy. À cette occasion, il a insisté sur la nécessité d’une meilleure adéquation entre la formation et l’emploi pour favoriser l’insertion professionnelle des jeunes. Le numéro deux de l’exécutif a également annoncé la construction de 164 établissements d’ici à 2030 dans le cadre du développement de l’enseignement technique et de la formation professionnelle, précise Le Mandat.

Le quotidien s’est également intéressé aux enjeux cruciaux qui attendent la classe politique à l’horizon 2030. Parmi les défis évoqués figurent la question de la transmission générationnelle au RHDP et les difficultés de l’opposition à se trouver un véritable chef de file.

5000 dossiers en souffrance

Au Conseil d’État, où il a été nommé après avoir dirigé la défunte Commission électorale indépendante, Coulibaly Kuibiert entend imprimer sa marque. Le magistrat ambitionne de faire de l’institution une juridiction plus performante, titre L’Abidjanais. Pour y parvenir, il a engagé la bataille contre les lenteurs judiciaires, alors que plus de 5 000 dossiers seraient en souffrance, constate Le Sursaut.

Dans le domaine sportif, l’élimination des quatre représentants ivoiriens des compétitions africaines continue d’alimenter les commentaires de la presse. Supersport évoque un manque à gagner de plusieurs centaines de millions de francs CFA. Le quotidien sportif se veut toutefois rassurant quant au maintien du quota de clubs ivoiriens sur la scène continentale pour la prochaine saison. « Les quatre places pas encore menacées », écrit-il.

Dans les mêmes colonnes, Salif Bictogo, président de la Ligue de football professionnel, prend la défense du championnat national, dont il juge le niveau loin d’être mauvais. Une position qui prend le contre-pied de celle du président de la FIF, Yacine Idriss Diallo, nettement moins enthousiaste à l’égard du championnat domestique.

Martial Galé

Lemandatexpress.net

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