
Cardinal Ignace Bessi Dogbo sur la succession du pape François : “Que ce soit un Africain, que ce soit un non-Africain, l’essentiel est que…”
Lemandatexpress – Après la mort du pape François, l’Église catholique s’apprête à entrer dans une nouvelle phase décisive de son histoire. Un conclave réunissant 135 cardinaux sera convoqué dans les prochaines semaines pour désigner le successeur du souverain pontife disparu ce lundi 21 avril, à l’âge de 88 ans.
Premier pape non européen — il était argentin — François a marqué son pontificat par une ouverture sans précédent aux marges de l’Église, en incarnant un style pastoral tourné vers les périphéries. Pour beaucoup, ce moment historique pourrait être celui d’une transition vers un pape africain.
Interrogé à ce sujet par Radio France Internationale, le cardinal Ignace Bessi Dogbo, archevêque d’Abidjan, a adopté un ton empreint de sagesse, refusant d’entrer dans une logique de calculs humains. « Le temps de Dieu n’est pas le nôtre. Peut-être que nous sommes un peu dans des perspectives très humaines, mais écoutez, si c’est aujourd’hui le temps de Dieu — je ne crois pas qu’il en soit ainsi — l’Esprit Saint nous le dira. Quoi qu’il en soit, nous sommes en marche avec le Seigneur, à l’écoute de l’Esprit Saint, qui nous indiquera le Pape pour notre temps. »
Pour lui, la question n’est pas celle de l’origine géographique du futur pape, mais de sa fidélité à l’appel divin. « Que ce soit un Africain, que ce soit un non-Africain, l’essentiel est que le Seigneur nous indique ce qu’il faut pour aujourd’hui. »
Ignace Bessi Dogbo confie néanmoins une espérance : que le prochain pape soit un homme « de la périphérie », un pasteur en sortie missionnaire, dans la continuité du style de François. « C’est ce qu’il faut retenir du pape François : une sortie de l’Église pour la mission, vers la périphérie, partout, sans qu’il y ait de barrières. »
Quant à savoir s’il faut un réformiste, sa réponse est limpide : « Un réformiste, oui, mais un réformiste qui entre dans le sens de l’Évangile. Si être proche de l’Évangile, c’est être réformiste, alors je suis pour ça. »
Car à l’heure du choix, ce n’est ni la couleur de la peau ni l’origine géographique qui importent, mais la lumière de l’Esprit. Le reste, comme le dit si bien le cardinal, n’appartient qu’au temps de Dieu.
Martial Galé
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