
Ouattara reste à Abidjan : La politique intérieure prime sur la 80ᵉ Assemblée générale des Nations unies
Lemandatexpress – Le président ivoirien Alassane Ouattara ne participera finalement pas à la 80ᵉ Assemblée générale des Nations unies qui s’ouvre le 20 septembre à New York. Prévu de longue date, ce déplacement a été annulé in extremis, selon Jeune Afrique sur fond de tensions politiques internes à quelques semaines de la présidentielle du 25 octobre.
Initialement attendu aux côtés de nombreux chefs d’État, dont Emmanuel Macron qui l’avait encouragé à effectuer ce voyage afin de soutenir son initiative sur la reconnaissance d’un État palestinien, Alassane Ouattara a choisi de rester à Abidjan. Il a confié la direction de la délégation ivoirienne à son ministre d’État et conseiller, Patrick Achi. Le discours présidentiel sera finalement lu à la tribune onusienne par le ministre des Affaires étrangères, Léon Kacou Houadja Adom.
En effet, la décision du chef de l’État s’explique avant tout par le contexte politique tendu. Le Conseil constitutionnel a écarté de la course à la présidentielle plusieurs figures majeures de l’opposition : l’ancien président Laurent Gbagbo, l’ex-banquier Tidjane Thiam et le patron du FPI, Pascal Affi N’Guessan. Leur exclusion, jugée arbitraire par leurs partisans, a entraîné des appels à la mobilisation contre un quatrième mandat de Ouattara que ses adversaires estiment anticonstitutionnel.
Pour l’heure, ces manifestations restent limitées. Mais selon Jeune Afrique, le président entend suivre de près l’évolution de la situation, d’autant que ses principaux challengers encore en lice incluent Simone Ehivet Gbagbo, Jean-Louis Billon, Ahoua Don Mello et Henriette Lagou.
En parallèle, Alassane Ouattara accélère la préparation de sa campagne électorale avec la direction du RHDP. Le Premier ministre Robert Beugré Mambé et Gilbert Koné Kafana, président du directoire du parti, sont pressentis pour en prendre la tête, épaulés par plusieurs co-directeurs.
Le calendrier politique s’est aussi resserré : les législatives, initialement prévues en 2026, auront lieu dès le 27 décembre 2025. Dans ce contexte chargé, le chef de l’État doit encore arbitrer plusieurs dossiers clés, dont la validation du budget 2026 en Conseil des ministres avant son passage au Parlement.
Abran Saliho avec Jeune Afrique







