
Côte d’Ivoire : Le « Mea Culpa » cinglant de Pascal Affi N’Guessan face à une opposition en miettes
À l’occasion de la cérémonie de présentation des vœux du Front Populaire Ivoirien (FPI), le samedi 31 janvier 2026, Pascal Affi N’Guessan a dressé un bilan sans concession de l’action de l’opposition. Entre constat d’échec et autocritique sévère, l’ancien Premier ministre n’a épargné personne, pas même lui-même.
Le siège du FPI affichait complet ce samedi, mais l’ambiance n’était pas à la fête. Pour ses premiers vœux de l’année 2026, Pascal Affi N’Guessan a choisi le ton de la vérité, quitte à ce qu’elle soit brutale. Face aux militants et à la presse, le président du « parti à la rose » a acté la faillite collective des forces opposées au RHDP.
Revenant sur son initiative de Rassemblement pour une Alternance Pacifique Inclusive et Démocratique (RAPID), Affi N’Guessan a exprimé son amertume. Alors qu’il espérait voir en Laurent Gbagbo le « catalyseur » de l’unité de par son statut d’ancien président, le constat est aujourd’hui celui d’un éparpillement stérile.
« Nous avons été incapables de dépasser nos egos », a-t-il martelé, fustigeant les « logiques de chapelles » et les ambitions solitaires qui ont conduit à la création de blocs concurrents comme la CAP–Côte d’Ivoire et le front commun PPA-CI / PDCI-RDA. Selon lui, cette division a tué la lutte dans l’œuf, faute de vision stratégique et de synergie opérationnelle.
Le leader du FPI n’a pas seulement pointé des erreurs tactiques ; il a évoqué un naufrage moral. En dressant le bilan des récents événements, il a rappelé le coût humain lourd de cette instabilité :
- Des dizaines de morts et des milliers de blessés.
- De nombreuses arrestations de militants et sympathisants.
Tout en exprimant sa compassion aux familles endeuillées et sa solidarité envers les prisonniers, Pascal Affi N’Guessan a souligné la conséquence politique majeure de cet échec : la consolidation du pouvoir actuel. Pour lui, le constat est limpide : Alassane Ouattara règne désormais sans partage sur l’ensemble des institutions ivoiriennes.
Un discours qui sonne comme un avertissement pour la suite. En affirmant que les compétences politiques de l’opposition n’ont pas été « à la hauteur des défis », Affi N’Guessan appelle implicitement à une refonte totale des méthodes de lutte.
Reste à savoir si ce cri du cœur sera entendu par ses pairs ou s’il marquera une rupture définitive au sein d’une opposition plus fragmentée que jamais à l’aube de nouveaux enjeux nationaux.
HILAIRE GUEBY







