
Côte d’Ivoire : En détention, Ibrahim Zigui demande pardon à Chantal Camara et au Conseil Constitutionnel
Incarcéré depuis la période pré-électorale de 2025, l’activiste Ibrahim Zigui a brisé le silence ce 28 février 2026. À travers un communiqué officiel authentifié par son nouveau conseil, Maître Rodrigue Dadjé, il exprime ses profonds regrets concernant ses attaques virulentes contre les institutions de la République.
C’est un mea-culpa qui fait grand bruit dans le paysage politique ivoirien. Ibrahim Zigui, figure bien connue des réseaux sociaux, dont l’arrestation en août 2025 avait marqué les esprits juste avant le scrutin présidentiel, a décidé de changer de stratégie. Depuis sa cellule, il appelle désormais à l’apaisement et à la clémence.
Dans une note datée du 28 février, Ibrahim Zigui revient sur les faits qui ont conduit à sa perte. Fin août 2025, alors que la Côte d’Ivoire retenait son souffle avant la publication de la liste des candidats à la présidentielle par le Conseil Constitutionnel, l’activiste avait publié une vidéo jugée outrageante envers l’institution et sa dirigeante.
« Aujourd’hui, avec beaucoup de recul, je réalise que cette vidéo était très déplacée et même irrespectueuse à l’égard de la Présidente du Conseil Constitutionnel et n’avait pas lieu d’être faite », confesse-t-il dans son communiqué.
L’activiste ne se contente pas de regretter la forme de ses propos ; il demande explicitement le pardon de la Présidente Chantal Camara, qu’il appelle affectueusement « Mémé Chantal Camara », se positionnant ainsi dans une posture de « petit-fils » repentant.
Le timing de cette sortie ne semble pas devoir tout au hasard. Ibrahim Zigui invoque la spiritualité pour toucher le cœur des autorités et de la population. En cette période où les calendriers chrétien et musulman convergent vers des temps de pénitence (Carême et Ramadan), il place sa demande sous le signe de la miséricorde divine et humaine.
Il a également étendu ses excuses à l’ensemble des autorités ivoiriennes et à la population qu’il dit avoir « blessée » par ses publications passées.
L’autre information majeure de ce communiqué réside dans le changement de défense d’Ibrahim Zigui. C’est le célèbre avocat Maître Ange Rodrigue Dadjé qui porte désormais la voix de l’activiste.
« Je confirme, en tant que nouvel avocat de Zigui Ibrahim, l’authenticité de ce communiqué signé par lui-même », a déclaré l’homme de loi, crédibilisant ainsi une démarche qui pourrait être le prélude à une demande de mise en liberté provisoire ou de grâce.
Reste désormais à savoir si cette main tendue et ce « pardon » sollicité permettront de décrisper son dossier judiciaire. Pour l’heure, le Conseil Constitutionnel n’a pas encore réagi officiellement à cette adresse.
Hilaire GUEBY







