
Pdci-Rda : Voici ceux qui ont blagué Thiam
Lemandatexpress – Le président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire-Rassemblement démocratique africain (Pdci-Rda), Cheick Tidjane Thiam, 63 ans, doit demander pardon à son aîné Alassane Ouattara, chef de l’Etat, envers qui, dans sa conquête du pouvoir d’Etat, il a eu, par moment, des propos jugés discourtois.
Dans le feu de l’action, avec les hourras et vivats des militants du Pdci-Rda, et des « tout sauf Ouattara » (TSO), l’on peut être amené à dire ou faire des choses qu’on ne souhaiterait pas forcément.
Une semaine avant la présidentielle du 25 octobre 2025, le président du Pdci a appelé, depuis Paris, à « libérer la Côte d’Ivoire ». Dans la clameur d’une foule où s’entremêlent drapeaux ivoiriens, pancartes hostiles à un autre mandat d’Alassane Ouattara et portraits de Guillaume Soro, Thiam a pris la parole, sur une estrade de fortune. « Rien n’est plus important que la semaine qui vient. Nous avons sept jours pour libérer la Côte d’Ivoire », a lancé le président du vieux parti.
Pour plus d’un, dans le camp du chef de l’État, l’ancien financier qui est “en fuite” en France, est allé trop loin. Beaucoup plus tard, Tidjane Thiam a précisé le fond de sa pensée : « …Je vais clarifier un commentaire que j’ai fait récemment, lorsque j’ai dit qu’on avait sept jours pour libérer la Côte d’Ivoire. J’aurais pu dire qu’on avait sept jours pour sauver la Côte d’Ivoire. C’était cela, le fond de ma pensée. Et j’ai fait référence au Tout-Puissant (…) ».
Ce qu’il doit oublier
La nationalité ivoirienne de Tidjane Thiam, candidat à la présidentielle, a été contestée en raison de l’acquisition de la nationalité française en 1987, ce qui, selon la justice ivoirienne (article 48 du code de la nationalité), entraîne la perte de la nationalité ivoirienne. Malgré sa renonciation à la nationalité française en mars 2025, le tribunal d’Abidjan a ordonné sa radiation de la liste électorale, menaçant son éligibilité aux joutes électorales pour lesquelles il avait abandonné sa nationalité française, une des plus prisées dans le monde. Mais tout ceci fait partie du passé. Cependant, certaines situations échappent à la logique. Accepter l’inexplicable apporte la paix intérieure. C’est pourquoi, il doit reconnaître “ses erreurs” et faire acte de repentance. Sans savoir qui a raison ou tort.
Demander pardon est un acte de grande force intérieure, d’humilité et de courage, et non une marque de faiblesse. C’est une démarche de sagesse qui permet de reconnaître ses torts, de libérer son cœur de la rancune, de guérir des blessures et de rétablir la confiance. Comme le soulignait Nelson Mandela, le pardon est une arme puissante qui dissipe la peur et la haine. Demeurer dans un état de guerre est délétère.
Pourquoi ne pas suivre les revanchards
Certains cadres du Pdci-Rda tentent de faire peser sur les épaules d’un novice en politique le poids de vieilles rancunes. L’arrivée de Tidjane Thiam à la tête du vieux parti a été perçue par eux comme une opportunité de régler des comptes avec le régime ou certains de ses acteurs, en rouvrant de vieux différends.
Mais une telle attitude est risquée et pourrait se révéler contre-productive. Continuer à suivre ces « va-t-en-guerre » pourrait compliquer la situation de l’ancien banquier. Tous ceux qui ont tenté de rivaliser avec le Rhdp et son président en sont ressortis perdants. Alassane Ouattara est un homme influent, doté d’un solide réseau, en qui le peuple ivoirien comme les grandes personnalités internationales continuent de placer leur confiance.
À bon entendeur, salut !







