
Confidences: Stéphane Kipré (PPA-CI) a eu tort sur le travail des députés en Côte d’Ivoire
C’est un aveu rare en politique, où l’on préfère souvent l’assurance au doute. Le député Stéphane Kipré, membre de la prestigieuse Commission des Affaires Économiques et Financières (CAEF), a brisé le mythe de « l’absentéisme » parlementaire en partageant les coulisses de son quotidien. Un témoignage qui sonne comme une leçon d’humilité face aux réalités du terrain législatif.
« Pendant longtemps, j’ai répété comme beaucoup d’Ivoiriens que nos députés ne travaillent pas assez. » Par ces mots, Stéphane Kipré entame une autocritique sincère. Mais trois jours d’immersion intense au cœur de la machine législative ont suffi à balayer ses préjugés.
Entre l’examen de projets de loi cruciaux et les face-à-face musclés avec l’exécutif, l’élu a découvert l’envers du décor : une charge de travail colossale, loin de l’image d’Épinal de l’hémicycle assoupi.
4h30 de duel intellectuel avec l’Exécutif
Le programme de la semaine était pourtant technique, voire aride : informatisation du foncier rural (SIFOR-CI) et extension des régulations agricoles aux filières karité et coco. Mais derrière ces intitulés se cachent des enjeux économiques vitaux pour la Côte d’Ivoire.
Pour le député, le travail commence bien avant le coup de marteau du président de séance. « Des centaines de pages à lire, des séances de travail avec mon assistant et des discussions au sein du groupe parlementaire », explique-t-il. L’aboutissement de ce marathon ? Un échange « non-stop » de 4h30 avec le ministre de l’Agriculture.
Un exercice de haute voltige où chaque virgule d’un texte de loi est scrutée, débattue et parfois amendée pour mieux servir les intérêts des citoyens.
Au-delà de la technique législative, c’est une réflexion sur le jugement citoyen que propose Stéphane Kipré. En reconnaissant s’être trompé, il invite les Ivoiriens à une meilleure compréhension du rôle de leurs représentants.
« Quand on ne connaît pas la réalité d’un travail, il vaut mieux chercher à comprendre avant de juger. »
Ce témoignage intervient alors que l’institution parlementaire cherche souvent à redorer son blason auprès d’une population exigeante. En dévoilant la rigueur qu’exige le contrôle de l’action gouvernementale, Stéphane Kipré ne se contente pas de défendre ses collègues : il rappelle que la politique, lorsqu’elle est prise au sérieux, reste un métier de fond et d’endurance.
Hilaire Gueby







